mercredi 26 août 2009

Le fond de moi l'aime.

Ils sont assis derrière la fenêtre. Une table entre eux. Les regards sont émus, pudiques, contenus. Ils se regardent. Ils nous regardent du dehors, sans trop comprendre, sans trop saisir. Ils auront peur de ce regard. Et puis ils oublient ce regard extérieur. Le premier round est une dispute factice, histoire de... Accoudés à la table, ils se perdent lentement dans les yeux. Parfois comme un bras de fer. Parfois dans la lueur complice. Leurs mains se retiennent. Puis se rapprochent. Puis se retiennent, et tremblent un peu. Toujours accoudés à la table. Indifférents sur le moment à ce qui les entoure. En sens interdit ils se lisent. Ils se prennent la main. Le geste aura dépassé la pensée en retenue.
Il tire vers lui, et dépose un baiser sur sa main. Elle tire vers elle, céder pour mieux prendre. Fondre pour mieux envelopper. Les autres mains restées sur la table font bouger leurs doigts. Ceux ci se rapprochent les uns des autres, comme s'ils marchaient sur la table. Ils se rejoignent, s'enchevêtrent, se tiennent, se retiennent. Les bras s'écartent sur leurs lèvres tremblantes. L'instant, le temps, le temps s'arrête.
Les sens interdits ont volé en éclats. Ils n'entendent plus les voix qui disent non. Ne voient plus, yeux fermés, bouches jointes. Respirations arrêtées, accélérées. Ils sont venus se chercher avec les sens interdits en pleine figure. Main dans la main, corps contre corps. Ils se reconnaissent. Souffle contre souffle, ils se perdent. L'inévitable attraction les encercle. Ils se mélangent en une étroite étreinte presque douloureuse.
Les portes s'ouvrent avec grand fracas. Ils se trouvent, se retrouvent et se découvrent pourtant. Dans cet endroit inconnu, entre deux espaces, entre deux temps, entre un espace temps.
Et bien si ! Malgré les idées raisonnables. Malgré les écorchures de l'âme. Malgré tout un tas de bonnes ou mauvaises raisons. Malgré tout. C'était bon. C'était fort, ça résonnait juste. C'était à contre sens des décisions. Mais cet homme là, je n'en ai pas peur. Nos limites ne sont pas terrifiantes. Et puis cet homme là, je l'aime. Et c'est comme ça depuis presque trois ans. Alors même de guingois, aujourd'hui, je le vis tel que ça m'attrape encore. Et demain, et bien c'est demain.
Je dis ça, je dis rien. C'est désespérant, c'est déroutant, c'est incompréhensible. A chaque fois on tente de s'aimer, on tente aussi de se "désaimer", on tente de "s'amourlibre". On essaie. On a tout essayé, même de s'oublier en faisant les cigales qui chantent tout l'été. Mais on ne s'oublie pas. Il y a un truc enchevêtré là.


vendredi 31 juillet 2009

Au milieu de l'été

Ce matin, j'ouvre en grand les baies vitrées. Le chant de toutes les bestioles là dehors, envahit la maison. Les enfants dorment encore. L'air est frais, mais ne tardera pas à monter en température. 36° hier aprem, à l'ombre...
Ce matin, je me recentre. C'est mon dernier jour de vacances. Je n'ai bien sûr, pas fait tout ce que je devais faire. J'ai papillonné largement. Butiné à qui mieux mieux, pourvu que je remplisse le temps, l'espace et les méandres de mon cerveau de jolies choses.
En clair, je n'ai pas eu un instant pour me pencher sur les chagrineries, ou si peu. J'ai pris, j'ai donné. Il me fallait avancer. Je me suis levée du bon pied.
Ma soeur m'a dit ce we, que je donnais l'impression d'avoir 25 ans ! Sourire. Ce n'est qu'une impression, peut être l'éclat de mes yeux, et le sourire qui reste accroché, ça le fait !
Comme quoi... en deux temps, trois mouvements, les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Un jour on a la tête en travaux, le lendemain on resplendit parce que quelque chose ou quelqu'un nous rend belle et lumineuse... La life !
Aujourd'hui, je disais, je me recentre. Je ne vais pas faire la cigale tout l'été ! Je reprends mes marques. Je vais passer l'aspirateur, et garder la lumière.
Demain, j'attaque mon avant dernier stage, les Urgences, ça me plaît. J'aime travailler dans l'urgence, c'est stimulant. J'ai hâte de terminer mes études ! J'ai hâte de pouvoir signer de ma belle écriture en bas des pages, mon nom, mon grade.
Je vous souhaite un bel été !
A tout vite !

lundi 20 juillet 2009

Le coup de fil qui plombe !

Suite de Quand Colombine fait un caprice En fait rien ne s'est passé comme je l'avais prévu. Forcément, quand on marche sur des œufs, même sur la pointe des pieds... On prend des risques. J'avais envisagé la possibilité qu'il ne réponde pas, mais au fond de moi, je savais qu'il le ferait. Par contre je n'avais pas prévu qu'il m'appelle pour me dire "non, ce n'est pas possible" quel cran! ça m'a totalement démunie. j'avais envisagé qu'il réponde non, par un texto, par un mail, ce qui m'aurait permis d'exprimer mes ressentis, m'aurait donné un certain recul. J'avais aussi envisagé que l'idée le séduise, et là , oui, tous les moyens de me le communiquer avaient été envisagés.
Mais voilà, il m'a appelée. Je me suis retrouvée à garder tête haute alors que régnait en moi la plus troublante des confusions. J'ai écouté avec une fausse assurance. Je l'ai senti troublé aussi. Que faire, que dire dans pareille situation? Il m'a exprimé son refus d'élégante manière. Il a eu la délicatesse de me préserver, de mettre en avant ma spontanéité, le côté espiègle de la situation, le côté touchant pour lui qui ne s'y attendait pas. Il s'est senti flatté, je le crois volontiers. Il m'a aussi confirmé que je n'avais pas rêvé, "je lui plais", je le trouble. Hum, la belle affaire.. Ce que j'ai ressenti l'interpelle, car il ne pensait pas être aussi "transparent"... Bon tout ça c'est bien beau, mais pour moi, j'avais tout à gérer en même temps; mes émotions, ma douce déception, l'affront en direct aussi... Je n'ai eu de cesse de récupérer "ma barque qui coulait à pic". Ben oui, mince, ce n'était pas facile ! Du coup, j'ai un peu refusé tout en bloc; "l'éventuelle rencontre pour en parler" "la pseudo amitié une fois prochaine". Je l'ai laissé là, un peu en plan, pourvu que je reprenne ma respiration :).
Pour autant, je n'ai pas pu exprimer mes ressentis, et là, frustration !
Alors j'ai trouvé un autre moyen de les exprimer... Quand une Colombine a une idée en tête, elle ne lâche pas l'affaire comme ça... Certes, c'est une histoire sans suite, mais il fallait qu'elle ait du sens, au moins pour moi.. Alors j'ai écrit, j'ai romancé, j'invente au fur et à mesure de ce que je ressens.
Un accord tacite entre lui et moi, j'écris, il lit... Dans un endroit pour lui et moi. On se retrouve sur mes pages d'écriture, le seul lien: un clic... je n'interagis pas, il a le choix de ne pas y aller... Il répond parfois, il revient lire toujours... Sourire...

mardi 14 juillet 2009

Vais je y aller ?

je me suis baladée sous la pluie, une belle pluie d'été qui mouille. Le tissus de ma robe plaqué à ma peau, laisse deviner mes courbes et mes pleins. je t'ai suivi entre les eaux, il parait qu'il y a un endroit où l'on peut te rejoindre... je me suis dis, vais je y aller dans cett'tenue ? Oui, ce soir, j'ai envie. Je dérive lentement vers le rebord du monde, ton épaule m'attire, ton épaule m'attend. Je veux la rencontre sans rendez vous. J'imagine ce soir, je glisse mes mains sur la peau nue, je sens les odeurs d'herbe et de terre mouillée, je sens les odeurs des corps enlacés. un brin d'herbe reste accroché dans mes cheveux, ben oui, j'y suis allée...

mercredi 1 juillet 2009

Grrrr..... !

Grrrr... Lignes internet et téléphone coupées pendant 3 semaines ! Super pratique pour terminer mon TFE ! J'ai trop les boules !! Va me falloir squatter à droite à gauche pour terminer mon mémoire ! Quelle tuile !
Bien, ben Je vous souhaite bonnes vacances, et bon vent !

Bises

Colombine !

mardi 30 juin 2009

Quand Colombine fait un caprice !

Il est tard, on est au creux de la nuit. Lui écrire cette lettre m'a prise un dimanche, je crois. Sincèrement j'ai hésité à l'envoyer. Je me suis fait plaisir tout en l'écrivant, c'était grisant ! L'impression de me retrouver au moins quinze ans en arrière... Mais je restais dubitative quant à la lui donner.
Entre rêve et réalité il y a un monde... Mais bon, je suis rêveuse...
Pourquoi si tard, alors que l'idée m'a effleurée à la fin de l'hiver ? Juste parce qu'il me fallait retrouver l'insouciance. Je suis momentanément d'humeur mutine là. J'ai l'impression d'avoir le corps qui mue. J'ai laissé ma peau abîmée sur une pierre du chemin, et j'avance pieds nus. Offerte avec grâce.
Mardi matin, ça m'a prise à midi moins dix. C'est mon avant dernier jour d'école. La seule occasion ou presque. Assez tergiversé pour rien. Je dois vérifier quand même quelque chose. J'émets le souhait d'une rencontre pour mesurer une éventuelle attirance. Les mois ont passé. Je ne me souviens plus trop. J'ai du mal à l'imaginer physiquement. Me restent que les ressentis "sur mon côté droit", son regard qui en dit long, c'est peu tout de même. Autant venir le voir, alors qu'il ne le sait pas encore. Ni une, ni deux, j'embarque ma copine de classe et nous montons sur la colline. En arrivant, je ne vois que lui à la cafet ! Il me sourit et ça fait Boum ! Là, je sais. Là j'ai envie. Je ne suis pas allée jusqu'à l'embrasser pour sentir son odeur. Tout de même ! Après j'ai fait "ma fille" minaudant à la limite du ridicule, pff...
Et là j'ai osé descendre au sous-sol. Suivre les pas sur le sol. Lever la tête sur l'écriteau. Frapper, encore Boum ! Un signe. Il vient. Je le désire. Je suis gênée mais j'évite de le montrer. Je lui tends la lettre. Je regarde son air étonné, je sens le trouble. Je m'enfuis presqu' en courant si j'avais pu. Je remonte à l'air libre et je fais trois entrechats, toute seule comme une gamine qui a fait un bon coup, mais qui n'en mène pas large tout de même.. Je réalise...

vendredi 26 juin 2009

Instant fragile

Elle s'est recroquevillée sur elle même. Je me suis calée derrière elle, l'ai entourée de mes bras tout en douceur. J'ai respiré dans sa respiration. Sa peau est douce. Je sens la paume de mes mains un peu rêche, des mains de travailleuse. Mais je sais mon toucher sincère. J'y mets ma reconnaissance, ma tendresse, ma force tranquille. Ses larmes ont coulé silencieuses. Je ne m'en suis pas aperçue, discrète. C'est en suivant que j'ai entendu. J'ai resserré mes bras un peu plus. J'ai caressé le front, les yeux douloureux. Longuement les cheveux. Nous nous sommes endormies, je crois... Douces pensées ce matin, complicité certaine.

mercredi 24 juin 2009

Mon nouveau coloc... est formidable !

Après mes derniers déboires en matière de collocation, me voilà enfin ravie. Un jeune homme sino-vietnamien, prénommé Taï m'a trouvée sur mon annonce passée sur le net. Infirmier, 30 ans, avec un joli regard posé sur la vie, il a emménagé chez moi fin mai. Les enfants sont ravis, il est dynamique et joyeux, attentif et bienveillant. Il répond volontiers à toutes les demandes de Marie lou ma fille pose environ 286 questions par jour, qui commencent toutes par "Maman..." Elle a vite compris qu'en ce moment je suis accaparée, soit par mon TFE, soit par mes pensées nébuleuses, alors elle se tourne naturellement vers lui... Et hop son rideau est fixé, son tableau accroché, les trucs lourds déplacés oui, Marie Lou déménage et re décore sans cesse... Quant à mon Lucas, il est "fan". Il s'est trouvé en Taï, un copain, un confident, un partenaire pour jouer à la WÏ... Et moi, béate j'observe cette "nouvelle cellule familiale" qui a des airs de vacances. Il est tout aussi bienveillant avec moi, nous discutons de tout, boulot surtout, mais aussi philosophie de vie, silences complices dans l'action.
Par ailleurs, je suis étonnée, de sa discrétion, de son adaptabilité à nos personnalités, de son respect naturel, ainsi que sa participation spontanée aux tâches de la vie quotidienne. Toutes ces petites choses accomplies avec générosité me secondent dans le train de vie infernal que je mène. Sa présence est rassurante, apaisante et la bienvenue. Je lui en suis reconnaissante, vraiment.
Ah ! Je suis touchée, et en paix. Je savais qu'il en existait un, avec qui ça le ferait. Nous pouvons donc rester dans la jolie maison, profiter tous de ce magnifique jardin, de cet espace de qualité dans une harmonie partagée.

dimanche 21 juin 2009

Le titre est déchiré.

Elle décida d'aller s'asseoir au fond de la salle. Choisit un fauteuil rouge au velours élimé. Elle s'installa confortablement, replia ses jambes comme à l'accoutumée. Déplia consciencieusement sans faire de bruit le programme. Elle plongea immobile dans l'acte 1 qui se joue juste là, sur le devant de la scène. Les acteurs parlent trop fort, ils gesticulent trop, n'ont pas de pudeur.
Le lourd rideau rouge frémit sur le côté, de la poussière s'agite dans la lumière du projecteur. Bizarrement le son n'arrive plus jusqu'à elle tout d'un coup. Une pièce de théâtre muette et sordide. Elle entend le souffleur. Il lui chuchote de pas rester là. Elle voudrait partir. Cette scène l'oppresse. Ses jambes, ses mouvements restent paralysés. Elle ferme les yeux, un bourdonnement incessant frappe ses tympans. La nausée.
Elle court vers la sortie, se cogne aux portes battantes, bouscule le fantôme de l'opéra. Arrivée dans la rue, l'air du dehors déchire ses poumons. La lumière l'aveugle.
Elle s'assoit sur un banc à l'angle de la rue. Elle retrouve son calme. Lance un regard sur l'affiche. Un vaudeville vu et revu. Quelle idée ! Elle en connaît l'issue.

vendredi 19 juin 2009

Les coquelicots sont fanés.

Le ciel est gris et chargé. Les coquelicots sont fanés et ne ressemblent plus qu'à des réverbères grillés. Le goût est amer. Il y a du rouge au bout de mes doigts. L'écho est vide de sens. Les mots sont vides d'intention. Je n'entends plus rien. Je ne veux plus rien entendre d'ailleurs. Plus rien de faux, de perfide. Je ne veux plus entendre les railleries absurdes et dévalorisantes. Je ne veux plus de maltraitance par négligence, bien pire car sournoise. Je veux quelque chose de beau et vrai, sincère et généreux. C'est tout!

samedi 13 juin 2009

Ce matin

Je m'arrête un instant en même temps c'est un peu samedi, je peux me le permettre. La pression de la semaine retombe un peu. L'angoisse maximum des derniers jours s'estompe. Je m'interroge. Presque rien en somme. Une sorte de vide brutal. Et je le fais exprès. Je chasse volontairement la moindre pensée. Elles reviennent. Je les envoie valser. Je suis fatiguée. Une vague nausée monte et descend.
( ) Allongée sur le lit, je suis en contemplation avec le plafond. Un tête à tête peu exaltant. Pendant cinq minutes, il essaie de me renvoyer à mes contradictions. Mais il n'a vraiment pas de bons arguments. Car après tout, ce n'est qu'un plafond. Il ne saisit rien aux subtilités. Il ne fait pas de nuance. Et surtout il ne comprend rien, mais vraiment rien, aux émotions et sentiments.
Autant que je me lève, et que j'arrête de tergiverser, j'ai du travail qui m'attend. Clac clac sur les touches.. Un mémoire à terminer... Et ce soir je m'évaderai, le temps d'une soirée.

dimanche 7 juin 2009

Aussi aérienne qu'une "aile" d'oiseau

Elle ressemblait à une elfe. Mes yeux étaient pourtant fermés. Je la sentais agile et souple se déplacer autour de moi. Ses mains pour autant étaient puissantes et chaudes, expertes et salvatrices. C'est avec une grande générosité qu'elle m'a entourée de sa douceur de sa bonté dans un élan d'amour donné sans retenue, ni attente. Du don, tout simplement.
L'huile parfumée, sa qualité de toucher, la musique douce ont radoucit mon corps asséché, déshydraté et en carence "nutritionnelle". Tous les creux et les pleins ont été harmonisés, les meurtrissures et les blessures ont été soulagées et expulsées. Les larmes retenues ont trouvé le chemin dans l'accueil. Il m'a semblait que c'était la première fois que la petite en moi fut entendue jusqu'au bout... "L'inconsolable oubliée de toujours" a trouvé refuge et réconfort de la plus jolie manière qui soit. La grande n'a pas eu à prendre le relais de la barque en dérive, la petite était en sécurité, accompagnée aussi loin qu'elle a eu besoin d'exprimer. Un moment presque magique, et pour autant très vrai. Merci du fond du cœur chère Dame, chère Elle, aussi aérienne qu'une aile d'oiseau...

jeudi 4 juin 2009

Patcho-maniac !

Bon, ce jour, me reste plus qu'à me coller un patch de nicotine sur la fesse gauche, un patch d'amour sur la fesse droite... ça, c'est pour les sevrages... M'en faut aussi, un autre sur le front, qui diffuserait un brin de lucidité, il parait que je suis en carence... Puis pendant qu'on y est, un patch anti-conne pour retrouver du panache... celui là, où vais je le coller ? Ah, bien oui ! Sur le pied !
Me voilà parée pour affronter une belle journée ! Encore heureux que je ne fasse pas d'allergie au collant des patchs...

dimanche 31 mai 2009

Jour sans

Aujourd'hui est comme une mauvaise plaisanterie. Comme si l'on avait brusquement tiré le tapis sous mes pieds. Tout va de travers. Tout est à l'envers. Mon humeur fait des ronds qui plongent au fond. Mon chat fait le gros dos, les poils tout hérissés, il attaque le chien et vient chercher un câlin. Je devrais travailler, ça urge, et je tape sur les touches.. Du vide.. Que du vide.. Du rien... Mon cœur est soudainement en miettes. A quoi ça tient ? J'ai envie de fumer, je me retiens, et c'est ce que je fais de mieux aujourd'hui. Mais ça ne tient pas à ça. C'est ailleurs, c'est autre chose... La sourde angoisse, me tenaille, me serre. Je ne la nommerai pas. Je la connais par cœur.
Il y a des allumettes au fond de tes yeux, des pianos à queue dans la boite aux lettres, des pots de yaourts dans la vinaigrette et des oubliettes au fond de la cour.. (J.Higelin)

lundi 25 mai 2009

Voilà quinze ans !


Aujourd'hui Mon Lucas a quinze ans !!
Joyeux Anniv'







mercredi 20 mai 2009

Je vais bien, ne t'en fais pas

J'oscille entre la Petite et la Grande aujourd'hui, Mais je vais bien, ne t'en fais pas... J'arrête de fumer... Hier ?
Oui, ça avait bien commencé. Je me suis collée deux patchs de 7 milligrammes, pour faire quatorze... Quelle horreur, J'avais l'impression de m'empoisonner sur chaque épaule...
Jusqu'à 15h, je n'ai presque pas eu envie de fumer, ça marche !! A 16h l'envie est revenue !!
Je touche mes épaules pour faire encrage... Mince, les patchs ne sont plus là !! Restés dans ma tenue d'hôpital dans les manches, à la fin de ma garde du matin, je suppose ... C'est pas d'bol !!
J'ai rallumé une clope, et je me suis maudite...
Ce matin, ça ne va pas, même si je vais bien, ne t'en fais pas... Je tourne en rond, j'ai boudé mon café, il appelait une clope... J'ai bu un jus d'orange, cliqué nerveusement sur les blogs, que j'ai lu tout aussi nerveusement en diagonale, même pas commenté... Ouai, je fais ma Petite, capricieuse et triste... Satanée Grande qui rationalise !!
C'est pas gagné !! Mais le rêve que j'ai fait, il y a deux jours me terrorise... J'ai rêvé que je toussais, était ce un rêve ? Et en toussant, j'ai eu l'impression d'avoir arraché un bouquet d'alvéoles pulmonaires. Il gisait là sur ma langue et craquait sous mes dents.. Ce rêve m'a traumatisée, depuis je psychote.. Je ne sais plus que faire !! Je fume, je m'angoisse, je ne fume pas, je déprime..
Bon, mon inconscient m'a envoyé ce rêve, je dois en tenir compte et m'en servir, même si tout me dit que ce n'est pas le moment opportun.. Quand on est fumeur, c'est jamais le bon moment d'arrêter... Toujours des excuses à demi bidons... Alors pourquoi, ne pas choisir le pire des moments, celui de mes partiels, de mon TFE, de mes mises en situations pro, et autres réjouissances... Après tout, tout ça m'occupe, ai je vraiment le temps de fumer...
Argh !! ça tourne au drame ce billet !! Aujourd'hui, ça va pas !!
Mais je vais bien, ne t'en fais pas....

samedi 16 mai 2009

Ma mère, le temps de comprendre (2)

1970. Ma petite sœur est née. J'ai quatre ans. Ma mère, pour éviter que je sois jalouse me confie une mission de la plus haute importance "protéger ma petite sœur", c'est certainement là, que mon "idéal du moi" se renforça. Quant à elle, l'entretien d' une maison n'a plus de secret . Par contre, elle n'aime pas ça. Elle devient très douée pour esquiver les taches ménagères quotidiennes. Elle n'a pas son pareil pour faire comme si c'était fait. Elle est curieuse. Elle lit beaucoup, toujours en cachette de mon père celui ci lui a interdit de lire, car il a peur qu'elle devienne plus intelligente que lui. La psychologie, le féminisme, tous les courants de pensées modernes la passionnent. L'air de rien, elle lit du matin au soir. Ma sœur et moi, nous sommes libres de tout faire, toujours en cachette de mon père. Nous marchons pieds-nus, nous débordons d'imagination et de créativité. C'est bon pour le développement de l'enfant, elle l'a lu dans un livre. Elle nous laisse démonter le canapé pour en faire des cabanes, tous les jouets de la chambre se retrouvent au salon, une véritable ville nous construisons. Lorsqu'elle entend la camionnette de mon père au coin de la rue, c'est le branle-bas de combat. Elle nous demande de tout ranger, nous aide en vitesse, tout en jetant quatre pâtes dans une casserole et en dressant la table, ni vu, ni connu. Quand il arrive, nous sommes tendues, il lève toujours la voix pour quelque chose, les volets qui ne sont pas fermés, une assiette de dînette malencontreusement oubliée sous son magazine de mots-croisés, nos pieds nus... Nous avons vite compris ma sœur et moi comment nous adapter. Quand il est là, tout marche au carré, dès qu'il s'en va, les souris dansent... Je ne mesure pas encore l'écart qui se crée entre mon père et ma mère, elle est si soumise en sa présence que tout semble presque normal. J'adore ma mère, je crains mon père.

J'ai huit ans, et mon père commence à me tourner autour. C'est déplaisant, son regard sur moi m'indispose. Il me fixe la prunelle brillante. Il cherche à me toucher, tous les prétextes sont bons, pour passer sa main sous mon tee-shirt. Je l'évite, ne reste jamais seule en sa présence. Je ne saisis pas, là encore, ce qui cloche, mais je sais et sens que c'est malsain. La vie continue. Toujours cette insouciance et ce sentiment de bonheur dès que mon père s'en va. Ma mère nous raconte des histoires de famille, nous serre fort contre elle, nous apprend mille choses. Nous rions, nous jouons, nous nous racontons.

J'ai dix ans, ma mère est de plus en plus belle, elle lit toujours en cachette. Des disputes commencent à éclater entre mon père et elle. Elle essaie toujours de nous épargner, reste discrète. Nous entendons quand même. Ma sœur pleure, moi je me tais et la console. Un jour, alors que je suis avec ma mère dans le jardin pour étendre le linge, je lui dis que je n'aime pas mon père. Elle m'interroge. Je lui raconte toutes ces sensations désagréables de dégoût qu'il m'inspire, que je l'évite car il cherche toujours à me toucher, à me coincer. Dans son regard, je lis son désarroi et soudainement une détermination, je me sens rassurée et comprise. Elle me serre très fort dans ses bras.

Quelques jours plus tard, alors qu'elle revient de chez sa sœur, elle est très tendue. Le soir, je les entends se disputer très tard, j'entends mon père pleurer. Je suis étonnée de ce renversement de situation. Je ne saisis pas leur conversation. Le lendemain, mon père est pitoyable et silencieux. Ma mère les yeux rougis dégage une force incroyable. Je reste dubitative. Mes émotions sont contradictoires, je suis un peu triste pour mon père, mais je suis comme soulagée. J'admire la soudaine métamorphose de ma mère face à mon père.
Ma mère me prend à part, et me dit doucement qu'elle va divorcer. "Divorce" ce mot a quelque chose de dramatique, Je suis attristée, tout se mélange dans ma tête. Je me sens un peu coupable. Je ne sais pas si j'ai envie ou pas. Étonnamment ça chemine dans ma tête... Quelques jours plus tard, je demande à ma mère presque impatiente "c'est quand, qu'on s'en va ?". Ma sœur qui était par là, s'inquiète"on va où?" Ma mère la prend dans ses bras et lui explique doucement. Pour ma part je me sens solidaire de ma mère et écoute attentive. Ma sœur s'effondre, elle est inconsolable. Ma mère et moi sommes désolées. Je n'aurai de cesse d'expliquer à ma sœur, les avantages de la situation, elle m'écoute, semble comprendre, se réjouit puis s'effondre à nouveau.

Nous avons vécu dans une caravane dans le jardin de mon arrière grand-mère pendant une année, le temps que ma mère trouve les moyens d'avoir un logement. Ma mère fit les marchés pour gagner sa vie tout en reprenant ses études. Le bonheur fut dans le pré....

Ma mère jugeât bon de me raconter toute l'histoire quelques années plus tard. En effet, jusqu'à 18 ans je faisais un rêve récurrent à chaque retour de chez mon père. Dans mon cauchemar, j'étais attaquée ou menacée par un rat qui me griffait les jambes en grimpant le long de celles ci... Un matin, que je lui racontais à nouveau ce rêve, elle me raconta toute l'histoire. Mon père, certainement pour éviter de passer à l'acte sur moi, agressa sexuellement à plusieurs reprises la plus jeune sœur de ma mère, celle qui était née quelques mois avant moi, nous étions voisines et presque sœurs... C'est ce fameux jour, où ma mère était partie confier ses inquiétudes à mon sujet, à sa sœur, que celle ci lui apprit le drame qui s'était passé deux ans auparavant. L'affaire avait été étouffée, comme il n'était pas rare en ce temps là et s'était réglée entre le médecin de famille, mon père et mon oncle, en huis clos. Mon père avait été menacé gravement et s'en était a priori tenu là. Mes cauchemars ont cessé.

A suivre... Ma mère, de la chrysalide au papillon... (3)

dimanche 10 mai 2009

Les derniers déboires de Colombine

En quittant Mr A. en ce début d'année, j'ai eu envie de garder la belle maison où nous étions. Le loyer étant trop cher pour mes seuls revenus, j'ai décidé de faire de la coloc. La maison s'y prête, ( f5 de 220 m2, avec jardin de 3000 m2 et une des chambres faisant 50 m2 à elle toute seule avec sdb et wc). Enthousiaste malgré mon chagrin d'amour, j'organise tout, je décore et prépare la jolie chambre pour accueillir un futur coloc. Je passe des annonces sur le net.
Un premier Mr se présente, il accepte les conditions, il doit rester trois mois, le temps de retrouver un appart, mutation oblige. Le mois de Mars se passe sans encombre, l'entente est agréable dans un respect commun. Le 14 avril, quand je me lève à 7h, sa chambre est ouverte et vide. Il est parti sans payer! Mes appels et mes textos resteront sans réponse. J'aurai pu appeler sa boite et l'emmerder, ce n'est pas mon genre. Bref, je suis choquée, bien plus par la manière dont il est parti sans dire au revoir, comme un voleur, que sur le fait qu'il n'ait pas payé, même si il savait qu'il nous laissait dans la merde, les enfants et moi, pour finir le mois.
Je râle trois jours, je tempête et lâche l'affaire, il est urgent que je retrouve quelqu'un. Il me tombe du ciel, deux jours après. Un autre Mr, du même âge que moi. Nous nous rencontrons deux ou trois fois. Il vient avec sa fille de huit ans, pour me la présenter, mignonne tout plein, il l' aura tous les 15 jours pour le we. J'assure mes arrières en demandant un mois de caution, et en avant l'aventure. Les premiers jours, je me pince, il est presque parfait. Généreux, intéressant, participe à tout. Les enfants sont contents, se sentent bien... Et moi aussi.


La deuxième semaine prend une tout autre tournure. Le Mr prenant ses marques, commence à investir plus qu'il ne faut la maison, changeant un peu l'organisation, le rythme et le mode de vie de ses habitants. Il semble vouloir tout maîtriser. J'essaie de lui glisser finement mes propres règles, mes propres habitudes ainsi que celles de mes enfants. Il m'écoute attentif, acquiesçant. Bon, je reste dubitative, et observe. L'ambiance se plombe de jour en jour. Sous couvert d'un humour plus que limite, il nous glisse insidieusement tout ce qui le dérange, c'est à dire, presque tout. Son ton et son humour de façade ne nous échappent pas. Il se mêle de tout, y compris des discussions que je peux avoir avec mes enfants au sujet d'une mauvaise note ou sur leurs petits tracas quotidiens. Il porte un regard critique sur tout. En quelques jours nous sommes tous les trois sur le qui vive. Je note que mes enfants ont perdu leur spontanéité. Ils se tiennent au garde à vous avec une contrainte qui se lit sur leur visage. Particulièrement ma fille qui d'habitude est bout en train, prompt à rire, là elle est silencieuse et quand elle parle, on la sent se crisper attendant la sentence humoristique qui ne manque pas de tomber. Mon fils quant à lui, d'habitude rêveur et nonchalant esquive, se faufile tel un chat. Il a vite fait d'éviter les situations embarrassantes, mais n'échappe quand même pas aux réflexions, genre : "ah ! Je suppose qu'on a mis du plomb dans tes chaussures pour que tu traînes si lourdement les pieds!" Il ne sera pas épargné sur ses cheveux longs qui lui mangent le visage, sur la quantité des céréales qu'il met dans son bol ou encore son pantalon qui lui tombe à la moitié du caleçon.. Il semble mieux encaisser que sa soeur, il la conseille d'ailleurs : "Non, ne bois pas ce jus d'ananas , c'est celui d'O." "Enlève tes pieds du canapé, il arrive"etc.. Pour ma part, j'observe dubitative, soufflée de l'impertinence, du manque certain de respect de nos individualités. Je reste un jour ou deux sans voix. Je me dis qu'il va entendre , sentir, comprendre que là, il dépasse les bornes, qu'il nous dérange grave. J'ai même honte de le confronter tellement je suis choquée qu'il ne sache pas avoir la juste distance et attitude qu'implique tacitement le fait que nous soyons colocataires. Je n'échappe pas à son humour, je commence à rétorquer un peu lourdement, accentuant sur nos différences. Il a même osé me reprendre à plusieurs reprises sur ma façon désorganisée de débarrasser la table ou encore celui de mettre le gruyère râpé dans la contre porte du frigo alors qu'il y a une boite à fromage. Je me suis retenue à plusieurs reprises de lui casser un saladier sur la tête, ou de lui faire avaler la boite à oeufs, coquilles comprises.


Les enfants me prennent à part et commencent à me dire qu'ils ne le trouvent pas très sympa, même si il en a l'air. C'est vrai que par ailleurs il se comporte toujours comme un homme parfait. Ce décalage est extrêmement dérangeant, neuf jours qu'il est là, et déjà il instille le chaud comme le froid avec ses réflexions de plus en plus nombreuses toujours sous couvert de ce putain d'humour qui commence à nous sortir par les trous du nez et nous met sur la défensive en permanence. Je décide de lui parler franchement pour tenter de trouver un compromis et surtout qu'il arrête de nous juger toutes les 4 minutes, avec son humour déguisé. Je veux l'entendre nous dire ce qui ne va pas, qu'il se positionne et après ça on négocie, ou pas...

Intérieurement, tout va vite. Plus ça va, plus j'observe et décortique sa personnalité. Tout vient se caler dans mes p'tites cases. Hum, obsessionnel, dictateur qui n'en a pas l'air, passablement tyrannique avec son humour, intransigeant, ne semblant pas se remettre en question, doucereux et protecteur par ailleurs, des associations de comportements qui me hérissent le poil, ça va pas le faire !! C'est en ayant déjà intuitivement décidé qu'il ne resterait pas que je l'ai confronté avec tout de même beaucoup de diplomatie. D'entrée de jeu, il se démerde pour me renvoyer les questions avec beaucoup de talent. Il n'a pas bien compris le garçon à qui il a à faire, quand je mets cartes sur table, c'est franc, sensible, je m'implique, c'est direct, sans détours, j'évite de "tuer" avec le "tu es", sans manigance ni manipulation possibles. Phrases courtes et simples qui attendent des réponses claires. Il nie, l'air faussement surpris. Bref, il a très mal supporté la confrontation. Il ne s'est à aucun moment remis en question. Il a choisi de dire que c'est nous qui ne sommes pas adaptés et que lui est parfait. (ça on le savait !) Je n'ai pas relevé pour ne pas monter dans les tours, ça ne sert à rien. Nous décidons, puisqu'il n'y a pas de compromis possible qu'il parte à la fin du mois. Je lui laisse même le loisir de le dire lui même, soulagée qu'il le fasse. Il monte dans sa chambre vexé.

Je ne ferme pas l'œil de la nuit. Levée à l'aube avant hier matin, j'attends la suite anxieuse, prompt à réagir de façon intransigeante au moindre signe négatif. Il descend, dit bonjour de loin, et sort acheter du pain sans un mot. Il revient, se sert un café et remonte dans sa chambre. Tout est calme. Puis je l'entends téléphoner, sa voix porte, manifestement il ne sait pas que je l'entends. J'ai du supporter pendant une heure de l'entendre déverser tout son fiel avec une mauvaise foi remarquable. N'y tenant plus, sous les propos calomnieux, je demande à Lucas mon fils de quinze ans de se tenir prêt à intervenir au cas où, (le voisin, le téléphone etc). Je n'ai pas peur, en cet instant je suis une louve aux yeux et à la détermination d'acier. Il est hors de question que ce type reste une heure de plus ici. Je monte, je frappe à la porte, j'ouvre sans attendre. Je le fusille du regard, je le prends sur le fait. Je lui dis promptement de faire ses valises et de partir immédiatement, que j'en ai assez entendu pour avoir la confirmation de ses mauvais sentiments envers nous. Je rajoute que je vais lui rendre son argent pour qu'il n'ait surtout pas l'occasion d'en placer une. De toutes façons il se sent tellement mal d'avoir été pris en flagrant délit dans sa conversation , qu'il dit ok d'un air con. Je redescends, j'appelle Mr A pour qu'il vienne. Il est là dix minutes après, nous buvons un café sur la terrasse, l'air faussement tranquille. Nous l'observons faire ses allées venues avec ses sacs. Quand il a fini, il s'avance car il veut récupérer son fric, je lui demande d'attendre deux minutes que je vérifie la chambre. Après un état des lieux rapide, je lui tends son argent, lui souhaite une bonne continuation et referme la porte derrière lui. Piouffffffff.

dimanche 3 mai 2009

Ma mère, le temps de l'innocence (1)

Ma mère passait tous les jours devant sa fenêtre, en allant chercher du pain. Elle avait quatorze ans. Mon père en avait vingt. Il l’attendait l’air de rien, son harmonica à la main. Les regards allaient bon train.
Puis un jour, un mot, il glissa dans sa main…
De mots en mots, de fil en aiguille, sa petite réserve de mots bien cachée au fond du placard fut découverte par ma grand-mère, qui les montra à mon grand père, qui bien évidemment s’insurgea et condamna la jolie historiette. Les amoureux se virent en cachette et les p’tis mots continuèrent.
Ma grand-mère loin d’être bête, souleva le matelas, tira la commode, tria les affaires, les livres, les cahiers, et bien évidemment tomba à nouveau dessus. je pense qu’une de mes tantes était passée par là..
Bref, ma mère du haut de ses quinze ans et demi, dut répondre à un interrogatoire des plus fastidieux.
En même temps, c’était pas compliqué, la question était : « Est-ce que tu l’aimes ? ». Elle, elle ne savait pas vraiment, c’était plaisant c’est tout, elle ne connaissait rien d’autre. Pressentant qu’il valait mieux répondre oui, sinon mes grands parents allaient à nouveau interdire, elle répondit « oui, je l’aime ».
C’est comme ça, qu’ils furent fiancés six mois plus tard. Ils se marièrent après deux ans de fiançailles on ne peut plus sages, les petites sœurs de ma mère dans les jupes à chaque sortie en amoureux. Ils n’étaient pas bien malins, surtout mon père qui avait sept ans de plus…
Bref, ils se marièrent vierges en avril 65. Leurs débuts furent très maladroits, ma mère ne savait ni cuire un œuf, ni faire une lessive. Elle suivit des cours de « maîtresse de maison » par correspondance. J’ai retrouvé une série de livres en plusieurs tomes sur « la parfaite maîtresse de maison ». Sa belle mère lui apprit avec gentillesse les travaux pratiques. Le 14 juillet 65 ils ont décidé qu’ à la sieste ils feraient un bébé. Inquiète, elle garda les jambes en l’air pendant 2 heures contre le mur, pour que la petite graine prenne. Quelle aventure ! Je suis née, neuf mois plus tard, pile poil, oscillant entre le 6 et le 7 avril. Là encore, sa belle mère vint à la rescousse. Ma mère n’avait pas encore 19 ans. Sa propre mère avait 36 ans et venait elle aussi d’avoir son cinquième enfant et a toujours été trop occupée pour entourer ma mère, trop occupée toute sa vie pour s’intéresser à quiconque, seul son mari était important à ses yeux. Trop jeune pour être une grand-mère. Quant à ma mère, trop jeune et immature pour décider quoi que ce soit. Elle se rattrapa quelques années plus tard...

A suivre...

samedi 25 avril 2009

Je parle en Silence

Depuis une semaine je passe des heures sur mon TFE (travail de fin d'études). Je dois le rendre le 10 juillet. Oui, fin octobre je passe mon D.E ! Help ! Etant du genre à faire tout dans l'urgence, je ne manque pas à mes habitudes. Alors là, c'est trouille bleue, l' effervescence dans l'écriture. J'oscille entre l'envie d'écrire un roman sur mon sujet "la part du silence dans la relation soignant/soigné"chez un patient en soins palliatifs, et ce p..... de tefeu. Je bataille avec mes ressentis et la fameuse théorie que je dois exploiter.. Je n'aime pas théoriser, ça fige.
Une des questions que je me pose, c’est en quoi le silence partagé, au cours d’un soin peut il être aussi salvateur qu’une discussion?
En quoi ce silence, orienté par une intention d’apporter du réconfort, peut il engendrer chez le patient en fin de vie un cheminement dans ses pensées, un apaisement, une reconnaissance?
A quoi donc tient le délicat équilibre entre la parole et le silence bâti sur un accompagnement branché sur l’empathie et une attention de tous les instants?
Et quels sont les pièges à éviter?
Qu’est-ce que l’on fait lorsqu’on écoute ?
Est-il possible d’écouter l’autre sans s’écouter soi ?
Est-il possible de s’écouter soi sans écouter l’autre ?
Quelle est la place de l’autre en nous et la place de soi dans l’autre ?
Écouter, c’est devenir témoin de la parole qui se déploie. Celle-ci a besoin d’une certaine qualité de silence pour oser se dire. Je voudrais examiner la qualité des silences : de l’absence au mutisme, de la présence à la méditation, du désir en attente au silence habité… et la conséquence de cette qualité sur la parole, du bavardage jusqu’à la confidence. L’écoute est alors une réponse à la parole qui est elle-même une réponse au silence. Offrir un silence préparé est donc source de parole et chemin de l’écoute. Ce qui se dit guérit. l’esprit parle à l’esprit, le coeur parle au cœur, le silence parle au silence. L’écoute devient donc une forme d’être qui nous entraîne en pays inconnu.
Voilà, n'étant pas trop présente sur vos espaces car je bosse grave, je voulais vous faire part un peu de mes questionnements.
Si des réponses vous viennent spontanément, n'hésitez pas à écrire ce qui vous passe par la tête... Je rajouterai les plus jolies, ou celles qui m'interpellent à mon tfe, ça le rendra plus vivant et l'illustrera..
Bien, à vous.
Colombine