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samedi 17 octobre 2009

Quand le bonheur est dans le pré

Un lieu dit : Pisse-loup, dans le Lot du côté de St Céré. Oui il existe aussi un St Céré dans le Lot. Un gîte où je passe mes vacances d'été, inaccessible en voiture. C'est donc à pied que nous grimpons là haut, un endroit perdu où j'ai peur la nuit qu'il y ait des loups. J'ai quinze et demi. Oui, le demi compte.
Sous-bois, prés pentus, rivière qui torsade, cabanes en bois, gîtes en pierre, cascade angélique, vaches, chèvres... Il n'y a pas l'eau courante au gîte, alors une source est déviée. Un coin cuisine pour la vaisselle, un coin douche (glacée). Il n'y a pas de rideaux aux fenêtres.
Le gîte accueille les randonneurs perdus, les randonneurs à cheval, les randonneurs tout court. Là, une troupe de théâtre a fait escale. Le Monsieur des lieux est un ami de ma mère. Nous sommes invitées. Il a deux fils. Romain, quinze ans, Yes ! Un autre de onze ans, ça tombe bien, ma soeur a onze ans aussi. C'est comme ci, tous les éléments étaient réunis pour passer de belles vacances.
Le rythme est lent et idéal. Le temps clément. L'herbe est verte. Des plantations suspectes ci et là ne nous intriguent même pas. Elles sont jolies dans le décor. Je glisse une feuille dentelée dans mon journal intime.
L'intime ici est partagé. C'est peace and love à Pisse-loup.
Un matin, Romain et moi, nous nous baladons tout en bas du pré, le long de la rivière torsadée. Main dans la main, jeunes et beaux, insouciants et amoureux. Quelle ne fût pas notre stupeur (tout de même) de surprendre trois jeunes gens nus, une fille et deux garçons d'une vingtaine d'années, là debout sur un rocher plat, en train de se laver. Se laver, hum... Les deux garçons savonnent la jeune fille avec lenteur et sensualité. Ils s'embrassent...
Romain et moi restons cachés, accroupis derrière un bosquet. Nous sommes saisis, tourneboulés. Bien sûr, nous ne perdons pas une miette de ce spectacle fascinant. Les jeunes gens se sèchent au soleil et remontent vers leur cabane en bois tout là haut dans la montagne. Ni une ni deux, nous courrons chercher le tahiti douche et nous la jouons Adam et Eve sur le rocher.
Le désir est à son comble. Nus et excités nous cherchons un coin tranquille et bien caché. Une minute et demi plus tard, l'affaire est terminée. Le Romain ressemble à un lokoum béat, c'est sa première fois. Moi, un tantinet déçue (même pas mal), je mesure l'écart entre l'idée que je me faisais de "faire l'amour" et cet acte si facile, si court, sans une once de l'orgasme tant idéalisé. Ah ! C'est ça ? j'ai pris plus de plaisir à regarder la scène précédente qu'à entrer en scène...
Nous avons fait un peu mieux par la suite, mais encore une fois, c'était les lieux insolites où l'envie nous prenait qui étaient émoustillants dans l'histoire...
Je me rappelle une chose que je me suis dite à l'époque: "je suis terriblement déçue que les livres et les films mentent sur le sujet"....

Pause suspendue le temps d'un Tag .
Je lance le défi à Maia Luna , Anna , Cat', Jack Laule, L'homme au bois dormant Et tous ceux que ça chante.... Car "les premières fois"... Lalalalalala....
Et Mr Snake !!

dimanche 22 mars 2009

Ambivalence

Il y a quatre jours, j'ai rêvé de lui. Impossible de me rappeler dans quel endroit nous étions, un endroit qui n'existe pas je suppose. Il s'approche l'air de rien, la démarche nonchalante, le sourire 451, celui qui est irrésistible, le regard qui en dit long sur les intentions. Je suis bouleversée. Mon corps ne tarde pas à s'émouvoir, à se liquéfier. Mes mains tremblent un peu, je les dissimule négligemment dans les poches de mon jean. Je détourne le regard, mais qu'est ce qui lui prend ? Lui, si ferme à ne pas transgresser "nos limites", rupture oblige. Il y a des gens autour, inconnus, me semble t-il. Il me parle mais je n'entends rien. J'ai envie de lui. C'est avec audace qu'il m'embrasse dans le cou tout en glissant ses mains sous mon pull. Il m'entraîne dans un recoin. Ses mains, sa bouche... J'ai chaud. Je me réveille. Mince ! La frustration est à son comble ! Je referme les yeux espérant qu'il continue. Il devient transparent, vague, je ne le ressens plus. Il est encore là, mais comme au ralenti, figé. Impossible de le contrôler. Je râle, je peste mais rien n'y fait. Il m'échappe. Je me lève, un peu étourdie, troublée.
Hier matin, je l'appelle, histoire de rien. Entendre sa voix grave m'émeut, il a une voix que je trouve très sensuelle, qui m'a toujours fait de l'effet. Des sanglots inopportuns montent dans ma gorge et viennent enrailler la discussion de bon ton. Obligée de me justifier, mais de quoi ? Je ne le sais pas moi même, ça me submerge, c'est tout. C'est avec prévenance qu'il analyse le truc. Intellectualiser les émotions, il est très fort. Je retiens, je dissimule, je tente de prendre sur moi, à l'intérieur c'est la pagaille, la confusion. Bien évidemment je me remémore le comment du pourquoi, pour ne pas perdre le cap. Je fais ça régulièrement pour me redresser, quand le vague à l'âme me rattrape. Je ravale le noeud dans ma gorge, j'essuie mes joues. La conversation diverge, mais l'émotion est toujours présente dans ma voix, pour autant, je respire mieux. Et c'est là qu'il me lâche " Moi, quand je manque de sexe, je deviens agressif ! Ah bon.. Et, tu es agressif en ce moment ? " Oui, depuis le début de la semaine j'agresse les gens au boulot, c'est plus fort que moi !" Mummmm... Du coup, je ne sais pas pourquoi, roohh... Mais je me détends. Quelques images viennent effleurer mon esprit, je les profite, les laisse en faire qu'à leur tête et je raccroche sagement.