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vendredi 1 janvier 2010

Bonne année, bonne santé ! #VasesCommunicants

Les fêtes de fin d’année et leur cortège de bons sentiments. Il semblerait qu’à quelques jours de braquer large vers une nouvelle année, nous soyons tous enclins à se rassurer sur notre profonde humanité. Chacun s’accorde à faire trêve commune sur nos tracas quotidiens. Tous – nos familles, nos amis, nos meilleurs ennemis – s’adonnent gaiement à un lourd ronflement de bon aloi.

Hors de ce vaste tumulte qui encombre nos journées, nous abandonnons un temps nos ombres d’adultes pour revêtir nos apparats factices d’enfants émerveillés.

Noël d’abord où le plaisir d’offrir n’a d’égal que celui de recevoir. Des cadeaux par dizaines, des papiers qui se froissent dans le reflet des yeux de nos chères têtes blondes. Et nous, pauvres responsables de nos vies en berne, nous redescendons un instant à la hauteur de nos bambins pour admirer notre enfance évanouie.

Puis, en attendant Sylvestre le dernier saint, s’écoule une semaine sans vie. Juste un peu de douceur pour les plus chanceux au coin d’un feu crépitant, à manger les restes de dinde farcie. Sept jours d’absence économique, politique ou sociétale. Chacun se recroqueville dans sa famille. Se fait dorloter ou glande lamentablement devant les rediffusions télé. Seuls nos héros de toujours, De Funès, Fernandel et autres dessins animés Disney égayent ces premières soirées d’hiver.

Et advient Le Jour de l’An. Le premier jour. Celui de tous les possibles et de toutes les incantations du mieux-être et du mieux-vivre ensemble. Encore dans les émanations brunes de champagne piteusement ingurgité, nous nous enquérons de notre santé en la souhaitant à tous aussi bonne que possible. Voilà que la santé d’autrui prend une valeur inestimable. Ce jour là mais pas un autre. Le 1er mars ou le 15 juin, nous pouvons mourir tranquille mais le 1er janvier, notre santé doit être bonne et ce pour les 364 jours qui viennent. Insoutenable légèreté de l’être. Noël s’évanouit mais les boules multicolores encore clignotantes sur le sapin attisent notre crédulité et nous renvoient à nos régressions enfantines. Nous arrêtons de fumer. C’est trop cher puis franchement, cette toux dés le réveil, ce n’est plus possible. Nous promettons de moins manger et de perdre avant la mi-mars nos kilos superflus. Plus d’argent, une nouvelle vie, un nouveau travail plus tranquille, une vie sentimentale merveilleuse. L’amour sera encore plus extraordinaire que l’année précédente et naîtra enfin dans les cœurs de ceux qui en sont dépourvus.

Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’alu, ponctuait ironiquement la publicité dans les années 90. Peine perdue, simulacre de bienveillance, hypocrisie d’un jour, d’une quinzaine où tout le monde semble vivre dans le grand pays des bisounours. Bonne année, bonne santé !

Ce billet a été rédigé par αяf que je reçois aujourd’hui dans le cadre des vases communicants. Vous pouvez suivre ce chemin pour aller lire mon billet publié chez lui.

Voici la liste des autres participants à ces Vases Communicants de janvier :
Futiles et graves (Anthony Poiraudeau) et Paumée (Brigitte Célérier), Tiers Livre (François Bon) et Ce métier de dormir (Marc Pautrel), Petite Racine (Cécile Portier) et Abadôn(Michèle Dujardin), Tentatives (Christine Jeanney) et Enfantissages (Juliette Zara), C’était demain (Dominique Boudou) et Biffures chroniques (Anna de Sandre), Terres… (Daniel Bourrion) et Journal Contretemps (Arnaud Maïsetti), Le blog à Luc (Luc Lamy) et Frédérique Martin, Liminaire(Pierre Ménard) et Jours ouvrables (Jean Prod’hom), Pendant le weekend (Hélène Clémente) et Oreille culinaire (Isabelle Rozenbaum), Les beautés de Montréal (Pierre Chantelois) et L’Oeil ne se voit pas lui-même (Hervé Jeanney)