J'aborde cette période de transition d'une étrange façon, je ne me reconnais pas vraiment. Je me sens curieusement là et pas là. Je n'en finis pas de chercher dans les choses et les êtres, des raisons qui me rassurent d'être là où je suis, seule spectatrice de moi même.C'est ça, j'effleure et dérape... Je pratique un jeu, sans arrivée ni départ, qui consiste à conserver mon équilibre le plus longtemps possible, éviter de me faire mal et garder la pose, pour la beauté du geste, éphémère. Une vie de glisse sur un monde mouvant.
Il n'y a aucune plaie sur mon corps, ni de trait grave autour de ma bouche. Mon visage est doux et mon regard intense. Mon allure bouge avec aisance, rien alourdit mon pas. Mon mal aise est ailleurs. Pas non plus dissimulé à l'intérieur d'un organe vital et mon coeur bat à un rythme régulier. Plus élevé parfois, mais sans emballement excessif. Un mal vague, comme un vêtement trop lâche qui gênerait à certains mouvements, un mal de l'extérieur qui révélerait un mal obscur enfoui à l'intérieur. Des bouffées invisibles rodent d'hab, je ne les laisse pas m'approcher de si près et font alterner rires et effondrements. Mon entourage ne saisit pas tout, quoique... Un jour je suis enthousiaste, un autre je suis blouson de moto:)..
Je suis déstabilisée. j'ai un peu de mal à faire confiance à mon haricot magique, qui parfois oublie de me servir de soutènement. Je sais les choses, je les comprends, je les assimile même, mais je suis rebelle à bien faire. Il y a un truc qui cloche. J'aimerai le saisir là, et l'envoyer valser, mais il le truc n'arrête pas de me glisser entre les doigts. où est passée ma dextérité.. pff... bon, l'hier est passé...
Aujourd'hui a déjà été bien rempli.



