samedi 19 décembre 2009

Les retrouvailles improbables [ le toucher ] (3)

Elle sent son regard transparent avant même de lui ouvrir la porte. Quelques secondes avant, penchée à la fenêtre, elle lui jetait la clé de la porte d'en bas. Il levait la tête l'air espiègle, la main tendue. Et là sous le réverbère de la rue, Maxime et son sourire à faire pleurer d'émotion. C'est idiot, elle se damnerait pour que la scène du sourire se reproduise. Mentalement, alors qu'il est déjà entré dans le couloir, elle le revoit arriver l'air sérieux cherchant son numéro de porte. Et là, l'image s'accélère, il lève la tête et lui sourit. Un léger effleurement, elle referme la fenêtre et se précipite dans le dédale de couloirs pour lui ouvrir la porte d'en haut. Le sourire s'est évanoui, mais c'est pire. L'instant est presque grave. Elle se ressaisit, le laisse entrer.
Le thé est brûlant.
...
Mathilda est tendue. Elle sait, elle sent qu'à un moment ou à un autre il va s'arrêter de parler. Il laissera le silence envahir la pièce jusqu'à tendre les murs. Il lui prendra la main, ou bien se lèvera et s'approchera. Elle n'aimera pas ce moment là. Elle est déjà trop fragile, répandue sur l'assise de sa chaise. Elle s'imagine. Pourtant encore droite, le geste gracile, la voix un peu basse et sûre. Mais son expression ? Ses yeux doivent la trahir grave. En effet, il est déjà là, debout devant elle. Le regard est troublé, mais sa main est douce. Il lui relève le visage. Dans sa tête c'est l'affolement. Fuir, se mettre à pleurer tant l'émotion l'étrangle ou bien rapidement se recomposer et improviser, comme elle a appris à le faire, "la femme fatale". Elle n'a plus le temps de choisir. Elle va prendre les devants, il en va de sa survie sur l'instant.
L'instant.
Leurs bouches se trouvent, leurs corps se mêlent avec une étonnante maîtrise, une intimité, une complicité immédiate ...
Ils ne feront pas l'amour. Ce garçon là, lit dans ses pensées enfouies, archaïques. Il est tard, le énième thé est brûlant. Elle l'invite à dormir près d'elle. Elle n'a pas besoin de préciser. Il s'endort.
Elle retrouve enfin le cours de ses pensées. Une étrange lumière de nuit nimbe la chambre. Elle le regarde émue. Que lui arrive-t-il ? Elle est submergée.
Elle s'écarte un peu. Il gémit et commence à trembler légèrement. Qu'a-t-il ? Elle touche son front, il est trempé de sueur. Il gémit toujours. C'en est presque inquiétant. Elle lui caresse les cheveux. Il se redresse brusquement et lui dit la voix enrayée : "j'ai rêvé que je tenais mon enfant dans les bras et qu'il m'échappait, me glissait des mains, c'était affreux !"Il retombe sur l'oreiller et se rendort alors que Mathilda lançait déjà une ébauche d'interprétation. Elle reste étonnée et dubitative. Il se remet à trembler. Elle pose une main rassurante sur son épaule, il se tourne et s'enroule à elle, s'apaise et reprend une respiration lente et profonde.
Mathilda ne peut plus bouger, elle n'a pas eu le temps de prendre une position confortable. Son bras commence à "mourir". Elle tente de se dégager, il s'accroche un peu plus. Elle le garde là au creux, résignée. Elle ne s'endort pas. Entre deux eaux, elle ouvre. Il entre, il entre.
Elle s'endort quelques minutes au petit matin. Déjà le ciel est teinté de rose. Elle se réveille en sursaut, il lui a dit hier soir qu'il devait partir vers 7.30 pour la galerie d'art. Il est 7.15. Elle tente de le réveiller. Impossible. Il ouvre un œil et le referme.
Mathilda se lève et va préparer le café. Elle passe dans la salle de bain pour se laver les dents, se regarde. Elle a l'air des matins qui vont bien. Les cheveux ébouriffés à souhait, les cernes jolies. Ma foi, pas besoin d'en faire plus. A nouveau elle essaye de le réveiller. Il grogne. Elle lui rappelle qu'il devrait déjà être parti, mais qu'après tout, elle s'en fout. Il daigne ouvrir les yeux. Elle est assise au bord du lit en peignoir. Il lui offre un sourire tout endormi, et lui dit : "Que t'es jolie le matin"...
Tranquillement, il prend son temps. Il boit le café avec elle, léger et détendu. Mathilda a déjà le coeur serré à l'idée qu'il s'en aille. Elle n'a pas envie. Elle voudrait arrêter le temps. Elle anticipe déjà sur "une nuit sans lendemain". Elle lui relate son étrange comportement de la nuit. Il s'étonne, il ne se rappelle plus.
Il la serre dans ses bras, l'embrasse et s'en va . Elle se penche au balcon. Il lui sourit. Il est parti.
Mathilda essuie presque rageusement ses yeux embués. Merde, mais c'est quoi cette émotion ravageuse. C'est n'importe quoi ! L'impression, qu'en partant il lui a arraché un morceau.

à suivre...

jeudi 17 décembre 2009

Les retrouvailles improbables [ la rencontre ] (2)

Il est convenu que Mathilda et le jeune homme se retrouvent au théâtre en compagnie d'une amie à elle. Le cadre est suffisamment neutre et laissera le temps à Mathilda d'observer "le personnage".
Elle lui demande de lui envoyer une photo pour pouvoir le reconnaître. La photo envoyée ne lui évoque rien. Un jeune homme ni beau ni laid. La photo n'est pas de bonne qualité, un contre-jour assombrit le visage. Bref, qu'importe. Il s'appelle Maxime.
Caroline s'avance vers le guichet pour prendre les billets. Mathilda attend Maxime devant l'entrée. Il arrive. Elle ne voit que son sourire. Un sourire à tomber par terre. Une émotion venue de nulle part l'envahit. Ce sourire et le regard aiguë-marine du jeune homme balaient ses dernières résistances. Son intuition, très fine habituellement ne lui raconte rien. Pas de voix off, aucun signe d'alerte. Seules ses émotions entrent en conflit. Ce bouleversement innommable n'était absolument pas prévu au programme. Mathilda est déstabilisée. Ce garçon l'émeut et l'attire instantanément, plus qu'il n'est raisonnable.
Tout le long de la pièce, Mathilda se bat pour éloigner le trouble envahissant que lui procure la présence de Maxime à ses côtés. Impossible de se concentrer sur le spectacle. Ils conviennent de se revoir le lendemain soir pour boire un thé, dans un endroit qu'elle aime beaucoup. Un café-brocante. Dans ce lieu, tout est à vendre. De la tasse dans laquelle on boit, jusqu'au fauteuil dans lequel on est confortablement installé. Le décor est pittoresque et varié, tous les styles mélangés.
Elle choisit un canapé rouge foncé aux armatures dorées. Une lampe art déco diffuse une lumière douce, et particulièrement enchanteresse. Elle a l'impression d'entrer dans un roman au beau milieu de l'histoire. Pour autant, elle ne se rappelle pas le début. Mais instinctivement elle n'est pas perdue. Elle le connaît, le reconnaît déjà dans ses gestes, dans l'attitude, dans sa façon étrange de la regarder. Elle se noie en toute confiance dans son regard couleur d'eau. Elle fond dans son sourire. La discussion est fluide, l'ambiance chaleureuse. L'attirance plane délicieusement tout autour d'eux, sans geste évocateur. Peut être une similitude dans la posture, ils se penchent et se rapprochent en même temps, par moment.
Il est tard, le café va fermer. Il la raccompagne à sa voiture, garée à deux rues de là. En ce début Mars, le froid est encore piquant. Elle frissonne. Naturellement, il la prend par les épaules, et accorde son pas au sien.
Ils se quittent le regard troublé. Leurs mains se serrent, leurs bouches tremblent, ils ne s'embrassent pas.

à suivre...

jeudi 10 décembre 2009

Et si c'était vrai ? Les retrouvailles improbables (1)

L'histoire commence le 24 Août 0079, juste après J.C, tout là bas à Pompéi. Alors qu'ils vaquaient paisiblement, les uns aux champs, certains autres au village, la terre se mit à gronder. Le ciel, à se couvrir. Une fine poussière grise envahit l'atmosphère.
Elle s'infiltra partout dans leurs yeux, leurs bouches et les cris s'élevèrent. La panique, la terreur. Le jeune garçon se précipita dans les bras de sa mère. Elle le couvrit de son châle et chercha désespérément un endroit pour s'abriter. L'affolement prit possession de tout le village. Les hommes, les femmes, les enfants, les vieillards, les bêtes couraient partout. L'horreur qui les saisissait, les foudroyait du même coup !
Lisa se terra avec son fils sous une arche. Elle tenta de le rassurer de sa voix rauque. Ils suffoquaient. Dans un ultime cri, Lisa rappela tous les siens. Les personnages de sa vie.
Pas très loin de là, la même panique, le même appel arraché, son mari, sa mère, son frère, sa sœur, son premier chagrin d'amour et les autres. Tous à l'unisson, ils vécurent leurs derniers instants, se rejoignant dans leurs cris ensevelis.

Mille neuf cents vingts six ans plus tard Mathilda tapote sur son clavier. Elle vient de rompre avec son amant, après plusieurs années de passion destructrice. Une collègue de travail lui conseille de s'inscrire sur un site de rencontre pour tenter de tourner la page. Dubitative, elle joue le jeu. C'est avec une grande pudeur et surtout un grand désarroi qu'elle découvre le fameux catalogue. Elle assiste à la marchandisation de la rencontre amoureuse. Qui lui apparaît comme une banale prestation de consommation courante à durée limitée. Le délai de péremption étant fixé à quelques semaines. Ne parlons pas de la débilité des échanges criblés de fautes d'orthographe et ponctués de lol et oki. C'est rédhibitoire.
Un soir, lasse de ce temps perdu à la recherche de... De quoi ? Un homme sans visage déboule sur sa page. Il a l'écriture enchanteresse, de la dentelle. Sous le charme, elle se laisse entraîner le temps d'une soirée. Un bel échange traverse son écran, jusqu'à la toucher émotionnellement. Mince alors ! Comment est ce possible de s'émouvoir à ce point derrière un écran ? Plus tard, elle regarde son profil. Huit ans de moins qu'elle, il veut des enfants, son annonce est un peu nébuleuse.. Bref, ça ne le fait pas. Elle zappe. Le monsieur revient régulièrement. Lui envoie des mails. Il veut lui parler au téléphone. Voilà autr' chose. Elle cède, prenant soin de masquer son numéro. Elle n'aime pas sa voix. Une voix jeune et légère, sans corps. Pour autant, la discussion est fluide et c'est plusieurs heures plus tard qu'elle raccroche. Il veut la rencontrer, elle refuse. Il insiste. Elle résiste. Il revient quelques temps plus tard, insiste à nouveau. Son écriture, toujours aussi belle. Après tout, pourquoi pas ? Juste rencontrer le personnage. Il est cultivé, tient une galerie d'art contemporain (elle a vérifié par prudence).
A deux reprises, elle annule au dernier moment, les rendez vous avec lui. Elle est en résistance sans aucune raison. Une sorte d'angoisse mal définie, une impression bizarre.

à suivre...

samedi 28 novembre 2009

ça, c'est fait !

J'étais confortablement installée dans ma petite vie d'avant. Rêveuse à souhait, j'oscillais entre travail, amis, famille et l'amant. Puis en sourdine veillait mon désir d'être infirmière. J'ai commencé à passer le concours à 25 ans. Puis à 26 et à 28. Je le réussissais, mais toujours sur liste d'attente. Attendre. Parfois dubitative, parfois ardemment. J'ai fait des bébés, j'ai fait semblant de me marier. J'ai rapidement divorcé. J'ai laissé grandir mes enfants. Plus très certaine d'avoir le courage. J'ai reçu des coups de pied au Q. Cause toujours, je rêve.
Mais enfin quoi ! Qu'est ce que tu attends ! Ben oui, je n'y crois plus vraiment. J'ai peur. Je vis. Je suis bien dans ma vie.
Bordel de m. ! Mais nous on y croit ! Qu'est ce que tu fais plantée là ! Je plante du rêve. Je le regarde pousser sans racine.
Et puis un jour, j'ai 40 ans. Mes plantations sont jolies, très décoratives. Je vais bien, tout va bien. J'ai aussi planter l'amant. Comme un vide, mais disponible. Je commence à écrire sur "un traceur de tout". Des cahiers éparpillés. Des histoires, des rêves.
En quatrième vitesse, j'envoie ma 6ème inscription au concours. Dernier jour, un acte presque manqué. Les mains dans les poches, j'y vais.
Mince, je suis reçue !
Tourbillon ! Fini le rêve, la vie paisible et désordonnée comme j'aime. Tout le monde sera bousculé autour de moi. Oui, je deviens un brin tendue (le mot est petit). En 1ère année, je rencontre un amoureux entre deux partiels. Tant bien que mal il est toujours là. Je souris. Il ne sait même pas que je suis, (que j'étais) une femme douce, calme et paisible.
Mais peut être que cette paix n'était que fuite, un vernis de surface ? Qui suis je aujourd'hui ? Je me sens transformée. Qu'ai je fais ? Relever un défi. Un défi personnel, mais aussi un défi partagé. Oui, je le partage avec mes enfants, ma Maman et ma soeur et bien sûr mes amis. J'ai l'impression d'avoir consolidé quelque chose de vital. Je me sens si heureuse aujourd'hui. Je les sens si fiers de moi ! "tain vé", j'en pleure ... Oupss, émotion ...
Je suis infirmière. Riche de mon expérience de 20 ans. Je ne suis pas hésitante une seule minute. Je ressens une sorte d'exaltation, une énergie stimulante. Comme si j'allais pouvoir exercer à ma juste valeur tout ce pour quoi je suis faite. C'est bête, j'ai toujours donné le meilleur de moi même, et je me suis toujours sentie reconnue pour cela. Mais là, ce n'est pas pareil. Là, c'est comme si j'en avais le droit, la légitimité.
J'ai envie de faire de grandes choses, j'ai la gnaque !

Je voudrais remercier plusieurs personnes qui me sont chères. Marie lou et Lucas, mes enfants qui m'ont soutenue presque gravement, investis et soucieux. C'est ma jolie Marie lou, qui la veille de mon D.E. m'a fait réviser mes démarches de soins avec un intérêt remarquable.
La palme revient à Krish, mon grand frère de coeur, qui s'est frappé pendant 3 ans toutes mes révisions de partiels. J'ai décidé de lui photocopier mon diplôme avec son nom à côté du mien.
Mais il y a aussi Emilie ma petite copine de classe, assises côte à côte pendant 3 ans, complices et solidaires pour tout.
Bien sûr mon Arf ! Alors lui, il n'a jamais craqué devant ma tension palpable au quotidien, m'a soutenue et encouragée toujours, il était là hier pour m'ouvrir ses bras sous le panneau d'affichage où je riais, pleurais tout mélangé.
Mais encore, mes amis, Laule (ma tendre amie), Isa (mon infirmière préférée), Nounie (ma chérie de toujours), Annick (mon amie retrouvée) Sylvie et Gil (mes espiègles et tornades amis), Rémi (mon copain de rue) et Michèle (l'instigatrice des coups de pied au Q) et d'autres... Mes amis virtuels presque tout aussi présents que ceux de la vraie vie...
Et enfin, Ma maman et ma soeurette Valérie. Toutes les deux, les piliers de ma vie. Des inséparables toutes les trois, liées par un amour inconditionnel, un amour de vie. Du vrai, de la richesse de coeur et d'esprit, un partage des savoirs, et des compétences, un trio soudé envers et contre tout. Je leur dois ma réussite et d'être celle que je suis...
Bon, qui d'autre ? Mon Hôpital quand même, qui m'a payée tout ce temps pour rester mon Q assis sur les bancs d'école... Certains des enseignants investis et encourageants... Et bien sûr, le nombre incalculable de professionnels de santé avec qui j'ai appris toute la technique et la théorie avec beaucoup de plaisir....
Bon, si j'ai oublié quelqu'un, vous le dîtes... J'ai la tête en fête.

lundi 23 novembre 2009

Qu'est ce qui pourrait bien me déranger aujourd'hui ?

Je suis paisiblement installée dans mon fauteuil en simili osier. Je réfléchis à ma prochaine pensée profonde. Dans mon idée, ce serait une pensée profonde sur le temps que met le temps à s'écouler. Ou plutôt, sur le temps qui tend à prendre le temps. Avec une interrogation accessoire, quel temps fait il ? Je trépigne immobile. Le temps met trop de temps. Je suis impatiente.

jeudi 19 novembre 2009

Argh !

Le ciel est d'automne avec un pâle rond jaune. Je parcours ma liste de blog un oeil sur l'écran, l'autre s'égarant sur le jardin. Le bras dans mon attelle, que puis je faire d'autre ?
Le lave-vaisselle tourne. Mon moral frôle le tapis. Celui ci (le tapis) est abandonné depuis quelques temps. L'aspirateur n'a pas bougé de place depuis, disons, non, je n'ose pas le dire.
Je ne dirai pas que je suis déprimée. Je suis déglinguée. J'ai terminé mes études en passant mon diplôme avec brio, mais je n'ai pas eu le temps de le réaliser. La pression constante durant ces trois ans et demi retombe, mais n'a pas su où se poser. Après mon stage aux Urgences et même après le dernier, celui en Psychiatrie, j'étais animée d'une joie qui fourmillait de projets, de défis à relever. Et me voilà le bras contre le corps, comme un bouclier. Un acte manqué ?
Huit jour en gériatrie au poste aide-soignant et je me suis blessée. Blessure d'égo ? Blessure dans la fissure ? Blessure qui aurait pu être évitée, si les personnes haut placées m'avaient écoutée, lorsque j'ai dit que mon épaule était fragile et que je n'étais pas apte à faire ces trois semaines au poste AS sur le secteur de gériatrie . Trois petites semaines "à risque" en attendant les résultats du D.E. J'avais proposé une alternative : Rester en psy où l'on ne fait pas de manutention de malade. Pas de réponse. Les jeux étaient faits.
Et là, je me sens diminuée, prise à défaut. A l'envers de tous mes projets. Un pion sur un jeu d'échec renversé. Les stratégies m'échappent, j'ai le discernement et les pensées qui partent en vrille.
Je ne sais pas ce qu'il va advenir de moi. En mettant mon "handicap" en avant pour me "protéger" je risque d'être mise un peu au rencard sur des postes inintéressants, genre les consultations ou je ne sais quoi.
C'est de la "castration" de motivation, de compétences reconnues sur d'autres secteurs.
Cet après midi, je vais tenter de remuer ciel et terre dans les bureaux des gens bien pensants (et surtout bien engoncés dans leur fauteuil capitonné) en gesticulant de mon bras gauche !

A suivre...

samedi 14 novembre 2009

La couleuvre a eu du mal à passer, mais le paon fait la roue.

Dans le genre "j'ai comme l'impression qu'on m'a tiré le tapis sous les pieds pendant que je marchais dessus"... Une mauvaise plaisanterie sans doute... Je suis ni tu /ni vous, depuis lundi dernier. Toute heureuse d'avoir passé mon D.E. dans de très bonnes conditions, avec la p'tite phrase de la fin qui dit : "vous pouvez rentrer tranquille chez vous, voire très tranquille"... Ouf !
Je n'ai pas eu beaucoup de temps pour savourer le plaisir. Quelques heures après, je recevais le coup de téléphone qui plombe ! Vous êtes attendue en gérontologie lundi matin à 8h !
Et me voilà depuis lundi sans statut, un espèce d'entre-deux dans l'attente des résultats du D.E. Ils n'ont pas trouvé mieux que de me ramener à la source. Ils se sont dit que j'avais peut être oublié, en trois ans et demi d'étude, comment faire une toilette ou un change... Non, non ! Je n'ai pas oublié ! Dure réalité ! Je n'ai rien contre les personnes âgées, loin de là. Mais j'ai fait 24 ans de soins de confort. Je me suis bousillée une épaule au passage (calcifiée et trois tendinites, non guéries, of course). Et j'avais envie d'être au front, aux urgences. Je n'ai pas repris mes études à 40 ans pour être à nouveau infirmière "de confort". J'enrage ! Je peste !
Bon, ça c'était les premiers jours. Je n'encaissais pas. Aujourd'hui, et bien, mon caractère bienveillant a repris le dessus. Où que je sois, quoi que je fasse, je le ferai bien. Pendant une année, (c'est le deal) je serai infirmière en gériatrie.
Tout n'est pas noir. Le centre est sur une colline avec un parc magnifique. La salle de repos donne sur une terrasse arborée et fleurie. la pause (bien méritée) devient presque idyllique. On peut communiquer avec les écureuils et les paons. On peut soliloquer paisiblement.
L'équipe est jeune et dynamique. Ils m'ont très bien accueillie. Le cadre s'est montré compréhensif et m'a encouragée. Je ne lui ai pas caché en arrivant ma terrible déception. Et puis hier, j'ai vu mon nom sur l'organigramme de Décembre (celui des infirmières). Enfin !!
Je n'ai pas encore les résultats, mais j'y crois !

mardi 3 novembre 2009

lundi 26 octobre 2009

Il y a au moins 20 ans

Mes vingt trois ans n'ont pas grand intérêt. Rien de transcendant à l'horizon. Je quittais Brad Pitt, qui n'avait de Brad, que la tête. C'est déjà pas si mal. Sinon, il squattait mon appart depuis une année déjà. Il avait envahi mon chez moi avec sa belle gueule, sa guitare électrique, sa guitare sèche, sa guitare folk (signée "je ne sais plus qui"). Il y avait aussi sa basse, sa batterie, son harmonica et sa carcasse qu'il traînait de là à là dans MES trente mètres carrés. Lorsque je rentrais de l'hôpital, il y avait souvent un ou deux potes à lui vautrés ça et là dans une ambiance de Nirvana. Cooool ! Je n'avais plus qu'à me fondre ou pas. C'était pas.
Qu'est ce que je foutais là ? Ou plutôt, qu'est ce qu'ils foutaient là, à me vider le frigo sans scrupule, à se croire chez eux sans me demander mon avis, à me la jouer mandoline. Et oui, c'est à cause de la mandoline ! J'ai toujours eu un faible pour les âmes d'artistes (pauvres et sans collier de préférence).
Bref, j'ai quitté Brad, un beau matin bien gris et froid de janvier. Un peu surpris, il m'a demandé où il allait aller. Son air pitoyable avec tout son barda instrumental sur le palier, a bien failli me faire craquer. Chez ta mère ! Je t'amène puisqu'il pleut, que tu n'as pas de voiture, que tes potes n'ont pas de voiture, qu'avoir une voiture c'est accessoire... Et accessoirement aussi, un travail et un appart.
Je l'ai recroisé un mois plus tard. J'aurai pas dû. J'ai craqué. Oh, juste une nuit c'est tout. Un mois et demi après, je trouvais que mes règles étaient un peu longues à venir. Je n'avais pas compté. C'est sa mère qui m'a accompagnée à la clinique devant l'attitude désinvolte de son fils, qui l'apprenant, a fui on ne sait où. J'aimais beaucoup sa mère. Un genre Fanny Ardant, mariée à un riche industriel. No soucis pour Brad.
Je continuais donc ma vingt troisième année, cahin-caha, à la recherche du Grand Amour. Raoul ? Non, il a choisi Claire. J'ai fait un petit essai avec Jean Louis. Sos ! Il voulait m'enfermer dans ses cases. Heureusement, qu'une jeune et jolie femme est arrivée. Tan Dam ! Mais là, j'ai déjà vingt quatre ans !

samedi 17 octobre 2009

Quand le bonheur est dans le pré

Un lieu dit : Pisse-loup, dans le Lot du côté de St Céré. Oui il existe aussi un St Céré dans le Lot. Un gîte où je passe mes vacances d'été, inaccessible en voiture. C'est donc à pied que nous grimpons là haut, un endroit perdu où j'ai peur la nuit qu'il y ait des loups. J'ai quinze et demi. Oui, le demi compte.
Sous-bois, prés pentus, rivière qui torsade, cabanes en bois, gîtes en pierre, cascade angélique, vaches, chèvres... Il n'y a pas l'eau courante au gîte, alors une source est déviée. Un coin cuisine pour la vaisselle, un coin douche (glacée). Il n'y a pas de rideaux aux fenêtres.
Le gîte accueille les randonneurs perdus, les randonneurs à cheval, les randonneurs tout court. Là, une troupe de théâtre a fait escale. Le Monsieur des lieux est un ami de ma mère. Nous sommes invitées. Il a deux fils. Romain, quinze ans, Yes ! Un autre de onze ans, ça tombe bien, ma soeur a onze ans aussi. C'est comme ci, tous les éléments étaient réunis pour passer de belles vacances.
Le rythme est lent et idéal. Le temps clément. L'herbe est verte. Des plantations suspectes ci et là ne nous intriguent même pas. Elles sont jolies dans le décor. Je glisse une feuille dentelée dans mon journal intime.
L'intime ici est partagé. C'est peace and love à Pisse-loup.
Un matin, Romain et moi, nous nous baladons tout en bas du pré, le long de la rivière torsadée. Main dans la main, jeunes et beaux, insouciants et amoureux. Quelle ne fût pas notre stupeur (tout de même) de surprendre trois jeunes gens nus, une fille et deux garçons d'une vingtaine d'années, là debout sur un rocher plat, en train de se laver. Se laver, hum... Les deux garçons savonnent la jeune fille avec lenteur et sensualité. Ils s'embrassent...
Romain et moi restons cachés, accroupis derrière un bosquet. Nous sommes saisis, tourneboulés. Bien sûr, nous ne perdons pas une miette de ce spectacle fascinant. Les jeunes gens se sèchent au soleil et remontent vers leur cabane en bois tout là haut dans la montagne. Ni une ni deux, nous courrons chercher le tahiti douche et nous la jouons Adam et Eve sur le rocher.
Le désir est à son comble. Nus et excités nous cherchons un coin tranquille et bien caché. Une minute et demi plus tard, l'affaire est terminée. Le Romain ressemble à un lokoum béat, c'est sa première fois. Moi, un tantinet déçue (même pas mal), je mesure l'écart entre l'idée que je me faisais de "faire l'amour" et cet acte si facile, si court, sans une once de l'orgasme tant idéalisé. Ah ! C'est ça ? j'ai pris plus de plaisir à regarder la scène précédente qu'à entrer en scène...
Nous avons fait un peu mieux par la suite, mais encore une fois, c'était les lieux insolites où l'envie nous prenait qui étaient émoustillants dans l'histoire...
Je me rappelle une chose que je me suis dite à l'époque: "je suis terriblement déçue que les livres et les films mentent sur le sujet"....

Pause suspendue le temps d'un Tag .
Je lance le défi à Maia Luna , Anna , Cat', Jack Laule, L'homme au bois dormant Et tous ceux que ça chante.... Car "les premières fois"... Lalalalalala....
Et Mr Snake !!

mardi 13 octobre 2009

Sur la touche

[ un D.E. à passer ]

samedi 3 octobre 2009

Chroniques de couloirs

Le service des urgences est un endroit peu ordinaire, un lieu-dit dans l'hôpital, un lieu ouvert sur la cité. Une forme de carrefour hospitalier. Un lieu comme une scène. Une scène dont le rideau ne se referme jamais. Une scène, où les trois coups retentissent sans cesse. Il fourmille de figurants, acteurs malgré eux. Des acteurs qui ne répètent jamais, et qui pourtant répètent indéfiniment la tragédie, les mêmes scènes de la vie, l'enjeu des destinées. Tragédies quotidiennes, humaines. Mais où est donc passé le Docteur House ? Je ne l'ai point vu.

Il est 18.36. Un quart d'heure de pause. Je passe les portes vitrées et je respire un bol d'air. Je bois enfin mon café de 13.30. Il était froid, je l'ai fait réchauffer. Beurk, je n'aime pas le café réchauffé, mais celui là, il est délicieux. La clope qui va avec, me fait tourner la tête. (Mr Snake, évitez de me faire la morale, j'ai rendez vous en addicto, juste après l'obtention de mon DE.) Je suis claquée. 58 entrées en 5h. Je suis toute molle tout d'un coup. Je m'assois sur un rebord de misère un peu crado, avec un espèce de cendrier de misère lui aussi, tout aussi crado, où se mêlent gobelets en plastique, papiers de bonbons, paquets vides de chips et autres madeleines à deux euros les six. L'endroit est tout simplement merveilleux. Je pense 5 minutes à mon chéri, qui n'est plus mon chéri, mais toujours mon chéri. Rien, un instant de nostalgie. J'observe mon reflet dans la vitre d'en face. Mes cheveux sont un peu en bataille, ma tenue plus aussi impeccable. Des cernes de fatigue alourdissent mon visage mais je suis profondément fière d'être là. Je suis dans mon élément.

18.53, je me relève, jette mon gobelet, et repasse les portes vitrées dans l'autre sens. C'est reparti ! La tête dans le guidon. Cinq nouvelles personnes dans la salle de "tri". Tous, les perfuser, les bilanter, les constanter, poser les 1ers diagnostics, les évaluer, les rassurer, les surveiller, les diriger vers la radio, le scan, ou la "déchoc"... Mais ce n'est pas aussi simple. Un tel, vomit dans un sac, allo Dr pour rajouter un anti émétique, un tel n'est pas calmé par l'antalgique prescrit, allo Dr pour une titration morphinique. Un tel veut absolument qu'on aille rassurer son épouse qui attend en salle d'attente. Une autre s'agite, un autre désature, l'électro de Mr Coeur montre plusieurs extrasystoles qui pourraient bien partir en fibrillation ! Non, rien n'est simple ici ! A tout instant tout peut partir en sucette ! Mon seuil de vigilance est à son comble en permanence, l'adrénaline n'est pas seulement dans les p'tites ampoules, mais là circulant dans mes veines à toute allure.

Autant vous dire que quand je sors d'ici, la voiture rentre seule à la maison. Je suis vidée. Mais tellement satisfaite d'avoir participé à "sauver des vies"... Et ça, dans son job, c'est géant. C'est équilibrant. Je relativise plus spontanément sur mes petits maux quotidiens... Quand je suis là bas, j'oublie presque tout, ça me rattrape plus tard, puis ça s'étiole à nouveau, dès que j'enfile ma tenue...

Voilà, maintenant, après deux mois de stage ici, je sais que c'est là que je veux travailler. Là, au front, dans l'agitation, le risque, les débordements. Je suis bien campée dans mes "croc's rouges". Mes compétences professionnelles ont été reconnues, tant sur le plan humain que technique et théorique. En avant toute !

Lundi, j'attaque mon tout dernier stage (psychiatrie, secteur fermé). C'est là bas que je passe mon diplôme d'Etat. Trois ans et demi d'études sous pression continue ou presque. Trois ans et demi d'une vie agitée, bouleversée, mais bien remplie. Un grand merci à tous les gens qui m'entourent et m'accompagnent.

Quelqu'un veut il que je le perfuse ?

Et mon pull ? Toujours à l'envers... Mais doux et chaud.


jeudi 17 septembre 2009

Autour d'une image " le nu provençal" gordes 1949

Consumée, la bougie a laissé ses coulures sur le rebord de la fenêtre. Quelques minutes avant, elle diffusait sa douce lumière faisant bouger les ombres dans la chambre...

- Je ne sais plus sur quel blog, j'ai vu une photo de W. Ronis qui m'a fait penser à toi. Pas sur l'instant, mais intuitivement j'y suis revenu. Et oui, tout dans cette photo m'évoque toi. L'ambiance, les vieux objets, la chute de rein, je crois.
- ... Ah bon ? Emue, toujours lorsque je sens son regard.
- Regarde. Il prend son Iphone posé sur le rebord en bois près du lit. C'est chez qui déjà ?
- N'oublie pas que Google est ton ami, demande lui !
- Ah, oui.
- ... interrogative ? Je sens ce qu'il veut dire, mais ne vois pas vraiment.
- Si ! tu veux bien te lever et te mettre dans la même position près de la table ?
Légèrement émoustillée et un brin pudique, je me lève et prends la pose. Allongé sur le lit, il me regarde dans la lumière vacillante qui vient de la fenêtre. Je me sens belle. Il prend quelques clichés.
-Voilà, c'est ça. Viens voir.
- ... Toujours émue. Hum, bien plus ronde, mais oui, il y a quelque chose. Elle est troublante cette photo.
- Mummm ! Tu es belle...

Hier soir, je l'invite à manger. Plus tard, allongés plutôt paisiblement sur le lit, papotant sur tout et rien, il me demande à nouveau de prendre la pose, la prunelle brillante. Rien de tel, qu'un petit scénario rondement mené, pour enflammer les sens. Sans hésitation je me suis levée, sachant qu'il me rejoindrait...

Sur ce bel instant, juste avant de m'enrouler pour m'endormir, j'ai soufflé sur la bougie. De nouvelles coulures ont fait un joli dessin sur le rebord de la fenêtre.

Paix à Mr Willy Ronis, que j'ai découvert un peu tard, mais de très jolie manière.

jeudi 10 septembre 2009

Quand Jack taggue, il pleut un peu partout des billets.

1- Racontez votre premier amour, sans préciser ni prénom ni date, restez mystérieux.

Je le regarde tartiner ses triscottes avec du Nutella. Il en fait une montagne. J'observe tous les détails. Je suis béate, gaga, raid'dingue. Il ne me calcule pas. Pendant six années, la même, toujours panée, aussi dégoulinante qu'un lokoum oublié au soleil. Il ne me regarde toujours pas. Quinze ans plus tard, un peu différente, mais avec une détermination hors du commun, je le veux, même pour une seule fois... Dix mois plus tard, de cet amour là, est né Lucas mon fils... (voir à cette histoire de cousin je ne comprenais rien !)

2- Racontez votre plus bel amour, celui de votre vie…en attendant le prochain !

Oh! Celui là, il m'a volé six années de ma vie. Un amour presque violent dans l'intensité. Un homme marié qui m'a rendue presque malade. Ce n'était donc pas le plus beau, mais le plus fort, le plus démentiel. A la presque folie ! (Quelques extraits ).

Mon plus bel amour, je l'ai vécu avec une femme. L'osmose, la symbiose la plus délicate et la plus parfaite n'ont jamais été altérées pendant trois années. Un bonheur presque parfait. Encore fallait-il renoncer définitivement aux hommes, qui restent ma préférence...

Mon amour le plus compliqué, mais aussi le plus intéressant est celui qui m'attrape aujourd'hui. Fût il désordonné, hachuré, tracassé, délicieux. Étonnamment, il reste le plus cohérent, le plus intelligent, le plus réaliste. Nos échanges sont d'une qualité jamais atteinte précédemment. Nos confrontations bouleversent nos méconnaissances et nous font avancer à pas de géant. Nous n'y résistons pas toujours, nous nous quittons, nous laissons le temps faire cheminer les pensées. Les retrouvailles ont toujours quelque chose en plus qui confirme une évidence : Nous nous aimons... C'est en l'état aujourd'hui... Comme à l'accoutumée, nous marchons avec délicatesse et prudence vers demain. Car qu'est ce qu'on est contrariant !! :) Nous en sommes conscients.

3- Racontez un amour secret, que vous n’avez jamais raconté à personne.

Ceci est un secret.. :) Donc il restera secret, sinon il perdrait tout son attrait.

4- L’endroit le plus insolite où vous ayez fait l’amour.

Insolite, est un mot créé pour moi. Il s'est glissé un jour dans ma construction psychologique et stimule mes sens à chaque fois. C'est presque agaçant, car la chambre en deviendrait presque l'endroit pour dormir seulement, même si son confort est indéniable.
Des endroits insolites, il y en a eu forcément, je les provoque souvent. Mais le plus incongru était cette fois, où au milieu d'un après midi d'hiver, coincés à la maison avec nos cinq enfants, Mr A et moi, n'y tenant plus, sommes allés aux toilettes très exiguës, très au milieu de l'appartement, exigu lui aussi. Vite fait, bien fait, malgré les enfants qui passaient devant la porte, nous appelant forcément, (Z'ont un sixième sens ces petits, ont le chic pour interrompre, aussi courts soient ils, les instants volés à la vie de famille). On était plié de rire (en silence)! On ne s'est pas laissé démonter ! Nous sommes ressortis à 5 minutes d'intervalle, l'air de rien, le rouge aux joues.

5- Une aventure via Internet qui vous a marqué…

Alors que j'étais en résistance incompréhensible, refusant de rencontrer un jeune homme ( 8 ans de moins que moi ) qui insistait très joliment. J'ai fini par céder à ses avances. S'en suivit une courte aventure de deux mois très intense et contrariée, trop intense pour être "normale". La seule explication apaisante à cette histoire extrêmement bouleversante fût qu'il ait été "mon fils" dans une de mes vies antérieures. Oui, là vous n'êtes pas obligés de me croire, je ne vous en voudrais pas... :). Je raconterai un jour ou l'autre cette histoire dans un billet, car elle vaut le détour et son pesant en émotions.

Sinon, j'ai rencontré Mr A grâce aux blogs, mais ceci n'est pas une aventure. Sans le savoir, nous habitions à 17 kms l'un de l'autre. C'est à travers son écriture que j'ai été séduite en premier. Son écriture.. Hum.... Ma pire rivale !

Taguée par Jack.

mercredi 26 août 2009

Le fond de moi l'aime.

Ils sont assis derrière la fenêtre. Une table entre eux. Les regards sont émus, pudiques, contenus. Ils se regardent. Ils nous regardent du dehors, sans trop comprendre, sans trop saisir. Ils auront peur de ce regard. Et puis ils oublient ce regard extérieur. Le premier round est une dispute factice, histoire de... Accoudés à la table, ils se perdent lentement dans les yeux. Parfois comme un bras de fer. Parfois dans la lueur complice. Leurs mains se retiennent. Puis se rapprochent. Puis se retiennent, et tremblent un peu. Toujours accoudés à la table. Indifférents sur le moment à ce qui les entoure. En sens interdit ils se lisent. Ils se prennent la main. Le geste aura dépassé la pensée en retenue.
Il tire vers lui, et dépose un baiser sur sa main. Elle tire vers elle, céder pour mieux prendre. Fondre pour mieux envelopper. Les autres mains restées sur la table font bouger leurs doigts. Ceux ci se rapprochent les uns des autres, comme s'ils marchaient sur la table. Ils se rejoignent, s'enchevêtrent, se tiennent, se retiennent. Les bras s'écartent sur leurs lèvres tremblantes. L'instant, le temps, le temps s'arrête.
Les sens interdits ont volé en éclats. Ils n'entendent plus les voix qui disent non. Ne voient plus, yeux fermés, bouches jointes. Respirations arrêtées, accélérées. Ils sont venus se chercher avec les sens interdits en pleine figure. Main dans la main, corps contre corps. Ils se reconnaissent. Souffle contre souffle, ils se perdent. L'inévitable attraction les encercle. Ils se mélangent en une étroite étreinte presque douloureuse.
Les portes s'ouvrent avec grand fracas. Ils se trouvent, se retrouvent et se découvrent pourtant. Dans cet endroit inconnu, entre deux espaces, entre deux temps, entre un espace temps.
Et bien si ! Malgré les idées raisonnables. Malgré les écorchures de l'âme. Malgré tout un tas de bonnes ou mauvaises raisons. Malgré tout. C'était bon. C'était fort, ça résonnait juste. C'était à contre sens des décisions. Mais cet homme là, je n'en ai pas peur. Nos limites ne sont pas terrifiantes. Et puis cet homme là, je l'aime. Et c'est comme ça depuis presque trois ans. Alors même de guingois, aujourd'hui, je le vis tel que ça m'attrape encore. Et demain, et bien c'est demain.
Je dis ça, je dis rien. C'est désespérant, c'est déroutant, c'est incompréhensible. A chaque fois on tente de s'aimer, on tente aussi de se "désaimer", on tente de "s'amourlibre". On essaie. On a tout essayé, même de s'oublier en faisant les cigales qui chantent tout l'été. Mais on ne s'oublie pas. Il y a un truc enchevêtré là.


vendredi 31 juillet 2009

Au milieu de l'été

Ce matin, j'ouvre en grand les baies vitrées. Le chant de toutes les bestioles là dehors, envahit la maison. Les enfants dorment encore. L'air est frais, mais ne tardera pas à monter en température. 36° hier aprem, à l'ombre...
Ce matin, je me recentre. C'est mon dernier jour de vacances. Je n'ai bien sûr, pas fait tout ce que je devais faire. J'ai papillonné largement. Butiné à qui mieux mieux, pourvu que je remplisse le temps, l'espace et les méandres de mon cerveau de jolies choses.
En clair, je n'ai pas eu un instant pour me pencher sur les chagrineries, ou si peu. J'ai pris, j'ai donné. Il me fallait avancer. Je me suis levée du bon pied.
Ma soeur m'a dit ce we, que je donnais l'impression d'avoir 25 ans ! Sourire. Ce n'est qu'une impression, peut être l'éclat de mes yeux, et le sourire qui reste accroché, ça le fait !
Comme quoi... en deux temps, trois mouvements, les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Un jour on a la tête en travaux, le lendemain on resplendit parce que quelque chose ou quelqu'un nous rend belle et lumineuse... La life !
Aujourd'hui, je disais, je me recentre. Je ne vais pas faire la cigale tout l'été ! Je reprends mes marques. Je vais passer l'aspirateur, et garder la lumière.
Demain, j'attaque mon avant dernier stage, les Urgences, ça me plaît. J'aime travailler dans l'urgence, c'est stimulant. J'ai hâte de terminer mes études ! J'ai hâte de pouvoir signer de ma belle écriture en bas des pages, mon nom, mon grade.
Je vous souhaite un bel été !
A tout vite !

lundi 20 juillet 2009

Le coup de fil qui plombe !

Suite de Quand Colombine fait un caprice En fait rien ne s'est passé comme je l'avais prévu. Forcément, quand on marche sur des œufs, même sur la pointe des pieds... On prend des risques. J'avais envisagé la possibilité qu'il ne réponde pas, mais au fond de moi, je savais qu'il le ferait. Par contre je n'avais pas prévu qu'il m'appelle pour me dire "non, ce n'est pas possible" quel cran! ça m'a totalement démunie. j'avais envisagé qu'il réponde non, par un texto, par un mail, ce qui m'aurait permis d'exprimer mes ressentis, m'aurait donné un certain recul. J'avais aussi envisagé que l'idée le séduise, et là , oui, tous les moyens de me le communiquer avaient été envisagés.
Mais voilà, il m'a appelée. Je me suis retrouvée à garder tête haute alors que régnait en moi la plus troublante des confusions. J'ai écouté avec une fausse assurance. Je l'ai senti troublé aussi. Que faire, que dire dans pareille situation? Il m'a exprimé son refus d'élégante manière. Il a eu la délicatesse de me préserver, de mettre en avant ma spontanéité, le côté espiègle de la situation, le côté touchant pour lui qui ne s'y attendait pas. Il s'est senti flatté, je le crois volontiers. Il m'a aussi confirmé que je n'avais pas rêvé, "je lui plais", je le trouble. Hum, la belle affaire.. Ce que j'ai ressenti l'interpelle, car il ne pensait pas être aussi "transparent"... Bon tout ça c'est bien beau, mais pour moi, j'avais tout à gérer en même temps; mes émotions, ma douce déception, l'affront en direct aussi... Je n'ai eu de cesse de récupérer "ma barque qui coulait à pic". Ben oui, mince, ce n'était pas facile ! Du coup, j'ai un peu refusé tout en bloc; "l'éventuelle rencontre pour en parler" "la pseudo amitié une fois prochaine". Je l'ai laissé là, un peu en plan, pourvu que je reprenne ma respiration :).
Pour autant, je n'ai pas pu exprimer mes ressentis, et là, frustration !
Alors j'ai trouvé un autre moyen de les exprimer... Quand une Colombine a une idée en tête, elle ne lâche pas l'affaire comme ça... Certes, c'est une histoire sans suite, mais il fallait qu'elle ait du sens, au moins pour moi.. Alors j'ai écrit, j'ai romancé, j'invente au fur et à mesure de ce que je ressens.
Un accord tacite entre lui et moi, j'écris, il lit... Dans un endroit pour lui et moi. On se retrouve sur mes pages d'écriture, le seul lien: un clic... je n'interagis pas, il a le choix de ne pas y aller... Il répond parfois, il revient lire toujours... Sourire...

mardi 14 juillet 2009

Vais je y aller ?

je me suis baladée sous la pluie, une belle pluie d'été qui mouille. Le tissus de ma robe plaqué à ma peau, laisse deviner mes courbes et mes pleins. je t'ai suivi entre les eaux, il parait qu'il y a un endroit où l'on peut te rejoindre... je me suis dis, vais je y aller dans cett'tenue ? Oui, ce soir, j'ai envie. Je dérive lentement vers le rebord du monde, ton épaule m'attire, ton épaule m'attend. Je veux la rencontre sans rendez vous. J'imagine ce soir, je glisse mes mains sur la peau nue, je sens les odeurs d'herbe et de terre mouillée, je sens les odeurs des corps enlacés. un brin d'herbe reste accroché dans mes cheveux, ben oui, j'y suis allée...

mercredi 1 juillet 2009

Grrrr..... !

Grrrr... Lignes internet et téléphone coupées pendant 3 semaines ! Super pratique pour terminer mon TFE ! J'ai trop les boules !! Va me falloir squatter à droite à gauche pour terminer mon mémoire ! Quelle tuile !
Bien, ben Je vous souhaite bonnes vacances, et bon vent !

Bises

Colombine !

mardi 30 juin 2009

Quand Colombine fait un caprice !

Il est tard, on est au creux de la nuit. Lui écrire cette lettre m'a prise un dimanche, je crois. Sincèrement j'ai hésité à l'envoyer. Je me suis fait plaisir tout en l'écrivant, c'était grisant ! L'impression de me retrouver au moins quinze ans en arrière... Mais je restais dubitative quant à la lui donner.
Entre rêve et réalité il y a un monde... Mais bon, je suis rêveuse...
Pourquoi si tard, alors que l'idée m'a effleurée à la fin de l'hiver ? Juste parce qu'il me fallait retrouver l'insouciance. Je suis momentanément d'humeur mutine là. J'ai l'impression d'avoir le corps qui mue. J'ai laissé ma peau abîmée sur une pierre du chemin, et j'avance pieds nus. Offerte avec grâce.
Mardi matin, ça m'a prise à midi moins dix. C'est mon avant dernier jour d'école. La seule occasion ou presque. Assez tergiversé pour rien. Je dois vérifier quand même quelque chose. J'émets le souhait d'une rencontre pour mesurer une éventuelle attirance. Les mois ont passé. Je ne me souviens plus trop. J'ai du mal à l'imaginer physiquement. Me restent que les ressentis "sur mon côté droit", son regard qui en dit long, c'est peu tout de même. Autant venir le voir, alors qu'il ne le sait pas encore. Ni une, ni deux, j'embarque ma copine de classe et nous montons sur la colline. En arrivant, je ne vois que lui à la cafet ! Il me sourit et ça fait Boum ! Là, je sais. Là j'ai envie. Je ne suis pas allée jusqu'à l'embrasser pour sentir son odeur. Tout de même ! Après j'ai fait "ma fille" minaudant à la limite du ridicule, pff...
Et là j'ai osé descendre au sous-sol. Suivre les pas sur le sol. Lever la tête sur l'écriteau. Frapper, encore Boum ! Un signe. Il vient. Je le désire. Je suis gênée mais j'évite de le montrer. Je lui tends la lettre. Je regarde son air étonné, je sens le trouble. Je m'enfuis presqu' en courant si j'avais pu. Je remonte à l'air libre et je fais trois entrechats, toute seule comme une gamine qui a fait un bon coup, mais qui n'en mène pas large tout de même.. Je réalise...

vendredi 26 juin 2009

Instant fragile

Elle s'est recroquevillée sur elle même. Je me suis calée derrière elle, l'ai entourée de mes bras tout en douceur. J'ai respiré dans sa respiration. Sa peau est douce. Je sens la paume de mes mains un peu rêche, des mains de travailleuse. Mais je sais mon toucher sincère. J'y mets ma reconnaissance, ma tendresse, ma force tranquille. Ses larmes ont coulé silencieuses. Je ne m'en suis pas aperçue, discrète. C'est en suivant que j'ai entendu. J'ai resserré mes bras un peu plus. J'ai caressé le front, les yeux douloureux. Longuement les cheveux. Nous nous sommes endormies, je crois... Douces pensées ce matin, complicité certaine.

mercredi 24 juin 2009

Mon nouveau coloc... est formidable !

Après mes derniers déboires en matière de collocation, me voilà enfin ravie. Un jeune homme sino-vietnamien, prénommé Taï m'a trouvée sur mon annonce passée sur le net. Infirmier, 30 ans, avec un joli regard posé sur la vie, il a emménagé chez moi fin mai. Les enfants sont ravis, il est dynamique et joyeux, attentif et bienveillant. Il répond volontiers à toutes les demandes de Marie lou ma fille pose environ 286 questions par jour, qui commencent toutes par "Maman..." Elle a vite compris qu'en ce moment je suis accaparée, soit par mon TFE, soit par mes pensées nébuleuses, alors elle se tourne naturellement vers lui... Et hop son rideau est fixé, son tableau accroché, les trucs lourds déplacés oui, Marie Lou déménage et re décore sans cesse... Quant à mon Lucas, il est "fan". Il s'est trouvé en Taï, un copain, un confident, un partenaire pour jouer à la WÏ... Et moi, béate j'observe cette "nouvelle cellule familiale" qui a des airs de vacances. Il est tout aussi bienveillant avec moi, nous discutons de tout, boulot surtout, mais aussi philosophie de vie, silences complices dans l'action.
Par ailleurs, je suis étonnée, de sa discrétion, de son adaptabilité à nos personnalités, de son respect naturel, ainsi que sa participation spontanée aux tâches de la vie quotidienne. Toutes ces petites choses accomplies avec générosité me secondent dans le train de vie infernal que je mène. Sa présence est rassurante, apaisante et la bienvenue. Je lui en suis reconnaissante, vraiment.
Ah ! Je suis touchée, et en paix. Je savais qu'il en existait un, avec qui ça le ferait. Nous pouvons donc rester dans la jolie maison, profiter tous de ce magnifique jardin, de cet espace de qualité dans une harmonie partagée.

dimanche 21 juin 2009

Le titre est déchiré.

Elle décida d'aller s'asseoir au fond de la salle. Choisit un fauteuil rouge au velours élimé. Elle s'installa confortablement, replia ses jambes comme à l'accoutumée. Déplia consciencieusement sans faire de bruit le programme. Elle plongea immobile dans l'acte 1 qui se joue juste là, sur le devant de la scène. Les acteurs parlent trop fort, ils gesticulent trop, n'ont pas de pudeur.
Le lourd rideau rouge frémit sur le côté, de la poussière s'agite dans la lumière du projecteur. Bizarrement le son n'arrive plus jusqu'à elle tout d'un coup. Une pièce de théâtre muette et sordide. Elle entend le souffleur. Il lui chuchote de pas rester là. Elle voudrait partir. Cette scène l'oppresse. Ses jambes, ses mouvements restent paralysés. Elle ferme les yeux, un bourdonnement incessant frappe ses tympans. La nausée.
Elle court vers la sortie, se cogne aux portes battantes, bouscule le fantôme de l'opéra. Arrivée dans la rue, l'air du dehors déchire ses poumons. La lumière l'aveugle.
Elle s'assoit sur un banc à l'angle de la rue. Elle retrouve son calme. Lance un regard sur l'affiche. Un vaudeville vu et revu. Quelle idée ! Elle en connaît l'issue.

vendredi 19 juin 2009

Les coquelicots sont fanés.

Le ciel est gris et chargé. Les coquelicots sont fanés et ne ressemblent plus qu'à des réverbères grillés. Le goût est amer. Il y a du rouge au bout de mes doigts. L'écho est vide de sens. Les mots sont vides d'intention. Je n'entends plus rien. Je ne veux plus rien entendre d'ailleurs. Plus rien de faux, de perfide. Je ne veux plus entendre les railleries absurdes et dévalorisantes. Je ne veux plus de maltraitance par négligence, bien pire car sournoise. Je veux quelque chose de beau et vrai, sincère et généreux. C'est tout!

samedi 13 juin 2009

Ce matin

Je m'arrête un instant en même temps c'est un peu samedi, je peux me le permettre. La pression de la semaine retombe un peu. L'angoisse maximum des derniers jours s'estompe. Je m'interroge. Presque rien en somme. Une sorte de vide brutal. Et je le fais exprès. Je chasse volontairement la moindre pensée. Elles reviennent. Je les envoie valser. Je suis fatiguée. Une vague nausée monte et descend.
( ) Allongée sur le lit, je suis en contemplation avec le plafond. Un tête à tête peu exaltant. Pendant cinq minutes, il essaie de me renvoyer à mes contradictions. Mais il n'a vraiment pas de bons arguments. Car après tout, ce n'est qu'un plafond. Il ne saisit rien aux subtilités. Il ne fait pas de nuance. Et surtout il ne comprend rien, mais vraiment rien, aux émotions et sentiments.
Autant que je me lève, et que j'arrête de tergiverser, j'ai du travail qui m'attend. Clac clac sur les touches.. Un mémoire à terminer... Et ce soir je m'évaderai, le temps d'une soirée.

dimanche 7 juin 2009

Aussi aérienne qu'une "aile" d'oiseau

Elle ressemblait à une elfe. Mes yeux étaient pourtant fermés. Je la sentais agile et souple se déplacer autour de moi. Ses mains pour autant étaient puissantes et chaudes, expertes et salvatrices. C'est avec une grande générosité qu'elle m'a entourée de sa douceur de sa bonté dans un élan d'amour donné sans retenue, ni attente. Du don, tout simplement.
L'huile parfumée, sa qualité de toucher, la musique douce ont radoucit mon corps asséché, déshydraté et en carence "nutritionnelle". Tous les creux et les pleins ont été harmonisés, les meurtrissures et les blessures ont été soulagées et expulsées. Les larmes retenues ont trouvé le chemin dans l'accueil. Il m'a semblait que c'était la première fois que la petite en moi fut entendue jusqu'au bout... "L'inconsolable oubliée de toujours" a trouvé refuge et réconfort de la plus jolie manière qui soit. La grande n'a pas eu à prendre le relais de la barque en dérive, la petite était en sécurité, accompagnée aussi loin qu'elle a eu besoin d'exprimer. Un moment presque magique, et pour autant très vrai. Merci du fond du cœur chère Dame, chère Elle, aussi aérienne qu'une aile d'oiseau...

jeudi 4 juin 2009

Patcho-maniac !

Bon, ce jour, me reste plus qu'à me coller un patch de nicotine sur la fesse gauche, un patch d'amour sur la fesse droite... ça, c'est pour les sevrages... M'en faut aussi, un autre sur le front, qui diffuserait un brin de lucidité, il parait que je suis en carence... Puis pendant qu'on y est, un patch anti-conne pour retrouver du panache... celui là, où vais je le coller ? Ah, bien oui ! Sur le pied !
Me voilà parée pour affronter une belle journée ! Encore heureux que je ne fasse pas d'allergie au collant des patchs...

dimanche 31 mai 2009

Jour sans

Aujourd'hui est comme une mauvaise plaisanterie. Comme si l'on avait brusquement tiré le tapis sous mes pieds. Tout va de travers. Tout est à l'envers. Mon humeur fait des ronds qui plongent au fond. Mon chat fait le gros dos, les poils tout hérissés, il attaque le chien et vient chercher un câlin. Je devrais travailler, ça urge, et je tape sur les touches.. Du vide.. Que du vide.. Du rien... Mon cœur est soudainement en miettes. A quoi ça tient ? J'ai envie de fumer, je me retiens, et c'est ce que je fais de mieux aujourd'hui. Mais ça ne tient pas à ça. C'est ailleurs, c'est autre chose... La sourde angoisse, me tenaille, me serre. Je ne la nommerai pas. Je la connais par cœur.
Il y a des allumettes au fond de tes yeux, des pianos à queue dans la boite aux lettres, des pots de yaourts dans la vinaigrette et des oubliettes au fond de la cour.. (J.Higelin)

lundi 25 mai 2009

Voilà quinze ans !


Aujourd'hui Mon Lucas a quinze ans !!
Joyeux Anniv'







mercredi 20 mai 2009

Je vais bien, ne t'en fais pas

J'oscille entre la Petite et la Grande aujourd'hui, Mais je vais bien, ne t'en fais pas... J'arrête de fumer... Hier ?
Oui, ça avait bien commencé. Je me suis collée deux patchs de 7 milligrammes, pour faire quatorze... Quelle horreur, J'avais l'impression de m'empoisonner sur chaque épaule...
Jusqu'à 15h, je n'ai presque pas eu envie de fumer, ça marche !! A 16h l'envie est revenue !!
Je touche mes épaules pour faire encrage... Mince, les patchs ne sont plus là !! Restés dans ma tenue d'hôpital dans les manches, à la fin de ma garde du matin, je suppose ... C'est pas d'bol !!
J'ai rallumé une clope, et je me suis maudite...
Ce matin, ça ne va pas, même si je vais bien, ne t'en fais pas... Je tourne en rond, j'ai boudé mon café, il appelait une clope... J'ai bu un jus d'orange, cliqué nerveusement sur les blogs, que j'ai lu tout aussi nerveusement en diagonale, même pas commenté... Ouai, je fais ma Petite, capricieuse et triste... Satanée Grande qui rationalise !!
C'est pas gagné !! Mais le rêve que j'ai fait, il y a deux jours me terrorise... J'ai rêvé que je toussais, était ce un rêve ? Et en toussant, j'ai eu l'impression d'avoir arraché un bouquet d'alvéoles pulmonaires. Il gisait là sur ma langue et craquait sous mes dents.. Ce rêve m'a traumatisée, depuis je psychote.. Je ne sais plus que faire !! Je fume, je m'angoisse, je ne fume pas, je déprime..
Bon, mon inconscient m'a envoyé ce rêve, je dois en tenir compte et m'en servir, même si tout me dit que ce n'est pas le moment opportun.. Quand on est fumeur, c'est jamais le bon moment d'arrêter... Toujours des excuses à demi bidons... Alors pourquoi, ne pas choisir le pire des moments, celui de mes partiels, de mon TFE, de mes mises en situations pro, et autres réjouissances... Après tout, tout ça m'occupe, ai je vraiment le temps de fumer...
Argh !! ça tourne au drame ce billet !! Aujourd'hui, ça va pas !!
Mais je vais bien, ne t'en fais pas....

samedi 16 mai 2009

Ma mère, le temps de comprendre (2)

1970. Ma petite sœur est née. J'ai quatre ans. Ma mère, pour éviter que je sois jalouse me confie une mission de la plus haute importance "protéger ma petite sœur", c'est certainement là, que mon "idéal du moi" se renforça. Quant à elle, l'entretien d' une maison n'a plus de secret . Par contre, elle n'aime pas ça. Elle devient très douée pour esquiver les taches ménagères quotidiennes. Elle n'a pas son pareil pour faire comme si c'était fait. Elle est curieuse. Elle lit beaucoup, toujours en cachette de mon père celui ci lui a interdit de lire, car il a peur qu'elle devienne plus intelligente que lui. La psychologie, le féminisme, tous les courants de pensées modernes la passionnent. L'air de rien, elle lit du matin au soir. Ma sœur et moi, nous sommes libres de tout faire, toujours en cachette de mon père. Nous marchons pieds-nus, nous débordons d'imagination et de créativité. C'est bon pour le développement de l'enfant, elle l'a lu dans un livre. Elle nous laisse démonter le canapé pour en faire des cabanes, tous les jouets de la chambre se retrouvent au salon, une véritable ville nous construisons. Lorsqu'elle entend la camionnette de mon père au coin de la rue, c'est le branle-bas de combat. Elle nous demande de tout ranger, nous aide en vitesse, tout en jetant quatre pâtes dans une casserole et en dressant la table, ni vu, ni connu. Quand il arrive, nous sommes tendues, il lève toujours la voix pour quelque chose, les volets qui ne sont pas fermés, une assiette de dînette malencontreusement oubliée sous son magazine de mots-croisés, nos pieds nus... Nous avons vite compris ma sœur et moi comment nous adapter. Quand il est là, tout marche au carré, dès qu'il s'en va, les souris dansent... Je ne mesure pas encore l'écart qui se crée entre mon père et ma mère, elle est si soumise en sa présence que tout semble presque normal. J'adore ma mère, je crains mon père.

J'ai huit ans, et mon père commence à me tourner autour. C'est déplaisant, son regard sur moi m'indispose. Il me fixe la prunelle brillante. Il cherche à me toucher, tous les prétextes sont bons, pour passer sa main sous mon tee-shirt. Je l'évite, ne reste jamais seule en sa présence. Je ne saisis pas, là encore, ce qui cloche, mais je sais et sens que c'est malsain. La vie continue. Toujours cette insouciance et ce sentiment de bonheur dès que mon père s'en va. Ma mère nous raconte des histoires de famille, nous serre fort contre elle, nous apprend mille choses. Nous rions, nous jouons, nous nous racontons.

J'ai dix ans, ma mère est de plus en plus belle, elle lit toujours en cachette. Des disputes commencent à éclater entre mon père et elle. Elle essaie toujours de nous épargner, reste discrète. Nous entendons quand même. Ma sœur pleure, moi je me tais et la console. Un jour, alors que je suis avec ma mère dans le jardin pour étendre le linge, je lui dis que je n'aime pas mon père. Elle m'interroge. Je lui raconte toutes ces sensations désagréables de dégoût qu'il m'inspire, que je l'évite car il cherche toujours à me toucher, à me coincer. Dans son regard, je lis son désarroi et soudainement une détermination, je me sens rassurée et comprise. Elle me serre très fort dans ses bras.

Quelques jours plus tard, alors qu'elle revient de chez sa sœur, elle est très tendue. Le soir, je les entends se disputer très tard, j'entends mon père pleurer. Je suis étonnée de ce renversement de situation. Je ne saisis pas leur conversation. Le lendemain, mon père est pitoyable et silencieux. Ma mère les yeux rougis dégage une force incroyable. Je reste dubitative. Mes émotions sont contradictoires, je suis un peu triste pour mon père, mais je suis comme soulagée. J'admire la soudaine métamorphose de ma mère face à mon père.
Ma mère me prend à part, et me dit doucement qu'elle va divorcer. "Divorce" ce mot a quelque chose de dramatique, Je suis attristée, tout se mélange dans ma tête. Je me sens un peu coupable. Je ne sais pas si j'ai envie ou pas. Étonnamment ça chemine dans ma tête... Quelques jours plus tard, je demande à ma mère presque impatiente "c'est quand, qu'on s'en va ?". Ma sœur qui était par là, s'inquiète"on va où?" Ma mère la prend dans ses bras et lui explique doucement. Pour ma part je me sens solidaire de ma mère et écoute attentive. Ma sœur s'effondre, elle est inconsolable. Ma mère et moi sommes désolées. Je n'aurai de cesse d'expliquer à ma sœur, les avantages de la situation, elle m'écoute, semble comprendre, se réjouit puis s'effondre à nouveau.

Nous avons vécu dans une caravane dans le jardin de mon arrière grand-mère pendant une année, le temps que ma mère trouve les moyens d'avoir un logement. Ma mère fit les marchés pour gagner sa vie tout en reprenant ses études. Le bonheur fut dans le pré....

Ma mère jugeât bon de me raconter toute l'histoire quelques années plus tard. En effet, jusqu'à 18 ans je faisais un rêve récurrent à chaque retour de chez mon père. Dans mon cauchemar, j'étais attaquée ou menacée par un rat qui me griffait les jambes en grimpant le long de celles ci... Un matin, que je lui racontais à nouveau ce rêve, elle me raconta toute l'histoire. Mon père, certainement pour éviter de passer à l'acte sur moi, agressa sexuellement à plusieurs reprises la plus jeune sœur de ma mère, celle qui était née quelques mois avant moi, nous étions voisines et presque sœurs... C'est ce fameux jour, où ma mère était partie confier ses inquiétudes à mon sujet, à sa sœur, que celle ci lui apprit le drame qui s'était passé deux ans auparavant. L'affaire avait été étouffée, comme il n'était pas rare en ce temps là et s'était réglée entre le médecin de famille, mon père et mon oncle, en huis clos. Mon père avait été menacé gravement et s'en était a priori tenu là. Mes cauchemars ont cessé.

A suivre... Ma mère, de la chrysalide au papillon... (3)

dimanche 10 mai 2009

Les derniers déboires de Colombine

En quittant Mr A. en ce début d'année, j'ai eu envie de garder la belle maison où nous étions. Le loyer étant trop cher pour mes seuls revenus, j'ai décidé de faire de la coloc. La maison s'y prête, ( f5 de 220 m2, avec jardin de 3000 m2 et une des chambres faisant 50 m2 à elle toute seule avec sdb et wc). Enthousiaste malgré mon chagrin d'amour, j'organise tout, je décore et prépare la jolie chambre pour accueillir un futur coloc. Je passe des annonces sur le net.
Un premier Mr se présente, il accepte les conditions, il doit rester trois mois, le temps de retrouver un appart, mutation oblige. Le mois de Mars se passe sans encombre, l'entente est agréable dans un respect commun. Le 14 avril, quand je me lève à 7h, sa chambre est ouverte et vide. Il est parti sans payer! Mes appels et mes textos resteront sans réponse. J'aurai pu appeler sa boite et l'emmerder, ce n'est pas mon genre. Bref, je suis choquée, bien plus par la manière dont il est parti sans dire au revoir, comme un voleur, que sur le fait qu'il n'ait pas payé, même si il savait qu'il nous laissait dans la merde, les enfants et moi, pour finir le mois.
Je râle trois jours, je tempête et lâche l'affaire, il est urgent que je retrouve quelqu'un. Il me tombe du ciel, deux jours après. Un autre Mr, du même âge que moi. Nous nous rencontrons deux ou trois fois. Il vient avec sa fille de huit ans, pour me la présenter, mignonne tout plein, il l' aura tous les 15 jours pour le we. J'assure mes arrières en demandant un mois de caution, et en avant l'aventure. Les premiers jours, je me pince, il est presque parfait. Généreux, intéressant, participe à tout. Les enfants sont contents, se sentent bien... Et moi aussi.


La deuxième semaine prend une tout autre tournure. Le Mr prenant ses marques, commence à investir plus qu'il ne faut la maison, changeant un peu l'organisation, le rythme et le mode de vie de ses habitants. Il semble vouloir tout maîtriser. J'essaie de lui glisser finement mes propres règles, mes propres habitudes ainsi que celles de mes enfants. Il m'écoute attentif, acquiesçant. Bon, je reste dubitative, et observe. L'ambiance se plombe de jour en jour. Sous couvert d'un humour plus que limite, il nous glisse insidieusement tout ce qui le dérange, c'est à dire, presque tout. Son ton et son humour de façade ne nous échappent pas. Il se mêle de tout, y compris des discussions que je peux avoir avec mes enfants au sujet d'une mauvaise note ou sur leurs petits tracas quotidiens. Il porte un regard critique sur tout. En quelques jours nous sommes tous les trois sur le qui vive. Je note que mes enfants ont perdu leur spontanéité. Ils se tiennent au garde à vous avec une contrainte qui se lit sur leur visage. Particulièrement ma fille qui d'habitude est bout en train, prompt à rire, là elle est silencieuse et quand elle parle, on la sent se crisper attendant la sentence humoristique qui ne manque pas de tomber. Mon fils quant à lui, d'habitude rêveur et nonchalant esquive, se faufile tel un chat. Il a vite fait d'éviter les situations embarrassantes, mais n'échappe quand même pas aux réflexions, genre : "ah ! Je suppose qu'on a mis du plomb dans tes chaussures pour que tu traînes si lourdement les pieds!" Il ne sera pas épargné sur ses cheveux longs qui lui mangent le visage, sur la quantité des céréales qu'il met dans son bol ou encore son pantalon qui lui tombe à la moitié du caleçon.. Il semble mieux encaisser que sa soeur, il la conseille d'ailleurs : "Non, ne bois pas ce jus d'ananas , c'est celui d'O." "Enlève tes pieds du canapé, il arrive"etc.. Pour ma part, j'observe dubitative, soufflée de l'impertinence, du manque certain de respect de nos individualités. Je reste un jour ou deux sans voix. Je me dis qu'il va entendre , sentir, comprendre que là, il dépasse les bornes, qu'il nous dérange grave. J'ai même honte de le confronter tellement je suis choquée qu'il ne sache pas avoir la juste distance et attitude qu'implique tacitement le fait que nous soyons colocataires. Je n'échappe pas à son humour, je commence à rétorquer un peu lourdement, accentuant sur nos différences. Il a même osé me reprendre à plusieurs reprises sur ma façon désorganisée de débarrasser la table ou encore celui de mettre le gruyère râpé dans la contre porte du frigo alors qu'il y a une boite à fromage. Je me suis retenue à plusieurs reprises de lui casser un saladier sur la tête, ou de lui faire avaler la boite à oeufs, coquilles comprises.


Les enfants me prennent à part et commencent à me dire qu'ils ne le trouvent pas très sympa, même si il en a l'air. C'est vrai que par ailleurs il se comporte toujours comme un homme parfait. Ce décalage est extrêmement dérangeant, neuf jours qu'il est là, et déjà il instille le chaud comme le froid avec ses réflexions de plus en plus nombreuses toujours sous couvert de ce putain d'humour qui commence à nous sortir par les trous du nez et nous met sur la défensive en permanence. Je décide de lui parler franchement pour tenter de trouver un compromis et surtout qu'il arrête de nous juger toutes les 4 minutes, avec son humour déguisé. Je veux l'entendre nous dire ce qui ne va pas, qu'il se positionne et après ça on négocie, ou pas...

Intérieurement, tout va vite. Plus ça va, plus j'observe et décortique sa personnalité. Tout vient se caler dans mes p'tites cases. Hum, obsessionnel, dictateur qui n'en a pas l'air, passablement tyrannique avec son humour, intransigeant, ne semblant pas se remettre en question, doucereux et protecteur par ailleurs, des associations de comportements qui me hérissent le poil, ça va pas le faire !! C'est en ayant déjà intuitivement décidé qu'il ne resterait pas que je l'ai confronté avec tout de même beaucoup de diplomatie. D'entrée de jeu, il se démerde pour me renvoyer les questions avec beaucoup de talent. Il n'a pas bien compris le garçon à qui il a à faire, quand je mets cartes sur table, c'est franc, sensible, je m'implique, c'est direct, sans détours, j'évite de "tuer" avec le "tu es", sans manigance ni manipulation possibles. Phrases courtes et simples qui attendent des réponses claires. Il nie, l'air faussement surpris. Bref, il a très mal supporté la confrontation. Il ne s'est à aucun moment remis en question. Il a choisi de dire que c'est nous qui ne sommes pas adaptés et que lui est parfait. (ça on le savait !) Je n'ai pas relevé pour ne pas monter dans les tours, ça ne sert à rien. Nous décidons, puisqu'il n'y a pas de compromis possible qu'il parte à la fin du mois. Je lui laisse même le loisir de le dire lui même, soulagée qu'il le fasse. Il monte dans sa chambre vexé.

Je ne ferme pas l'œil de la nuit. Levée à l'aube avant hier matin, j'attends la suite anxieuse, prompt à réagir de façon intransigeante au moindre signe négatif. Il descend, dit bonjour de loin, et sort acheter du pain sans un mot. Il revient, se sert un café et remonte dans sa chambre. Tout est calme. Puis je l'entends téléphoner, sa voix porte, manifestement il ne sait pas que je l'entends. J'ai du supporter pendant une heure de l'entendre déverser tout son fiel avec une mauvaise foi remarquable. N'y tenant plus, sous les propos calomnieux, je demande à Lucas mon fils de quinze ans de se tenir prêt à intervenir au cas où, (le voisin, le téléphone etc). Je n'ai pas peur, en cet instant je suis une louve aux yeux et à la détermination d'acier. Il est hors de question que ce type reste une heure de plus ici. Je monte, je frappe à la porte, j'ouvre sans attendre. Je le fusille du regard, je le prends sur le fait. Je lui dis promptement de faire ses valises et de partir immédiatement, que j'en ai assez entendu pour avoir la confirmation de ses mauvais sentiments envers nous. Je rajoute que je vais lui rendre son argent pour qu'il n'ait surtout pas l'occasion d'en placer une. De toutes façons il se sent tellement mal d'avoir été pris en flagrant délit dans sa conversation , qu'il dit ok d'un air con. Je redescends, j'appelle Mr A pour qu'il vienne. Il est là dix minutes après, nous buvons un café sur la terrasse, l'air faussement tranquille. Nous l'observons faire ses allées venues avec ses sacs. Quand il a fini, il s'avance car il veut récupérer son fric, je lui demande d'attendre deux minutes que je vérifie la chambre. Après un état des lieux rapide, je lui tends son argent, lui souhaite une bonne continuation et referme la porte derrière lui. Piouffffffff.

dimanche 3 mai 2009

Ma mère, le temps de l'innocence (1)

Ma mère passait tous les jours devant sa fenêtre, en allant chercher du pain. Elle avait quatorze ans. Mon père en avait vingt. Il l’attendait l’air de rien, son harmonica à la main. Les regards allaient bon train.
Puis un jour, un mot, il glissa dans sa main…
De mots en mots, de fil en aiguille, sa petite réserve de mots bien cachée au fond du placard fut découverte par ma grand-mère, qui les montra à mon grand père, qui bien évidemment s’insurgea et condamna la jolie historiette. Les amoureux se virent en cachette et les p’tis mots continuèrent.
Ma grand-mère loin d’être bête, souleva le matelas, tira la commode, tria les affaires, les livres, les cahiers, et bien évidemment tomba à nouveau dessus. je pense qu’une de mes tantes était passée par là..
Bref, ma mère du haut de ses quinze ans et demi, dut répondre à un interrogatoire des plus fastidieux.
En même temps, c’était pas compliqué, la question était : « Est-ce que tu l’aimes ? ». Elle, elle ne savait pas vraiment, c’était plaisant c’est tout, elle ne connaissait rien d’autre. Pressentant qu’il valait mieux répondre oui, sinon mes grands parents allaient à nouveau interdire, elle répondit « oui, je l’aime ».
C’est comme ça, qu’ils furent fiancés six mois plus tard. Ils se marièrent après deux ans de fiançailles on ne peut plus sages, les petites sœurs de ma mère dans les jupes à chaque sortie en amoureux. Ils n’étaient pas bien malins, surtout mon père qui avait sept ans de plus…
Bref, ils se marièrent vierges en avril 65. Leurs débuts furent très maladroits, ma mère ne savait ni cuire un œuf, ni faire une lessive. Elle suivit des cours de « maîtresse de maison » par correspondance. J’ai retrouvé une série de livres en plusieurs tomes sur « la parfaite maîtresse de maison ». Sa belle mère lui apprit avec gentillesse les travaux pratiques. Le 14 juillet 65 ils ont décidé qu’ à la sieste ils feraient un bébé. Inquiète, elle garda les jambes en l’air pendant 2 heures contre le mur, pour que la petite graine prenne. Quelle aventure ! Je suis née, neuf mois plus tard, pile poil, oscillant entre le 6 et le 7 avril. Là encore, sa belle mère vint à la rescousse. Ma mère n’avait pas encore 19 ans. Sa propre mère avait 36 ans et venait elle aussi d’avoir son cinquième enfant et a toujours été trop occupée pour entourer ma mère, trop occupée toute sa vie pour s’intéresser à quiconque, seul son mari était important à ses yeux. Trop jeune pour être une grand-mère. Quant à ma mère, trop jeune et immature pour décider quoi que ce soit. Elle se rattrapa quelques années plus tard...

A suivre...

samedi 25 avril 2009

Je parle en Silence

Depuis une semaine je passe des heures sur mon TFE (travail de fin d'études). Je dois le rendre le 10 juillet. Oui, fin octobre je passe mon D.E ! Help ! Etant du genre à faire tout dans l'urgence, je ne manque pas à mes habitudes. Alors là, c'est trouille bleue, l' effervescence dans l'écriture. J'oscille entre l'envie d'écrire un roman sur mon sujet "la part du silence dans la relation soignant/soigné"chez un patient en soins palliatifs, et ce p..... de tefeu. Je bataille avec mes ressentis et la fameuse théorie que je dois exploiter.. Je n'aime pas théoriser, ça fige.
Une des questions que je me pose, c’est en quoi le silence partagé, au cours d’un soin peut il être aussi salvateur qu’une discussion?
En quoi ce silence, orienté par une intention d’apporter du réconfort, peut il engendrer chez le patient en fin de vie un cheminement dans ses pensées, un apaisement, une reconnaissance?
A quoi donc tient le délicat équilibre entre la parole et le silence bâti sur un accompagnement branché sur l’empathie et une attention de tous les instants?
Et quels sont les pièges à éviter?
Qu’est-ce que l’on fait lorsqu’on écoute ?
Est-il possible d’écouter l’autre sans s’écouter soi ?
Est-il possible de s’écouter soi sans écouter l’autre ?
Quelle est la place de l’autre en nous et la place de soi dans l’autre ?
Écouter, c’est devenir témoin de la parole qui se déploie. Celle-ci a besoin d’une certaine qualité de silence pour oser se dire. Je voudrais examiner la qualité des silences : de l’absence au mutisme, de la présence à la méditation, du désir en attente au silence habité… et la conséquence de cette qualité sur la parole, du bavardage jusqu’à la confidence. L’écoute est alors une réponse à la parole qui est elle-même une réponse au silence. Offrir un silence préparé est donc source de parole et chemin de l’écoute. Ce qui se dit guérit. l’esprit parle à l’esprit, le coeur parle au cœur, le silence parle au silence. L’écoute devient donc une forme d’être qui nous entraîne en pays inconnu.
Voilà, n'étant pas trop présente sur vos espaces car je bosse grave, je voulais vous faire part un peu de mes questionnements.
Si des réponses vous viennent spontanément, n'hésitez pas à écrire ce qui vous passe par la tête... Je rajouterai les plus jolies, ou celles qui m'interpellent à mon tfe, ça le rendra plus vivant et l'illustrera..
Bien, à vous.
Colombine